MARIE EST VRAIMENT MÈRE DE DIEU
Rm 8, 28-30 ; Jn 10, 14-15 + 27-30
St Cyrille d'Alexandrie - (27 juin 1983)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

Chauriat : Marie, Mère de Jésus
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a Sainte Écriture, nous l'avons fait remarquer bien souvent, se caractérise en ceci qu'elle présente toujours, au sujet du Sauveur une double affirmation : d'une part qu'Il est Dieu éternel, le Fils, le Verbe, le resplendissement et la sagesse du Père; d'autre part que, dans les derniers temps, "pour notre salut, Il a pris chair de la vierge Marie, mère de Dieu, et s'est fait homme."
En écrivant cela, dans le contexte où Il se trouvait, saint Cyrille était l'un des chaînons de la foi, l'un de ces quatre ou cinq personnages de l'Église qui, à travers vingt siècles d'histoire, ont permis par leur docilité à la grâce de Dieu, de nous transmettre l'intégrité de la foi. Aujourd'hui cela nous paraît tout simple et pourtant, c'était loin d'être joué. En effet, à l'époque où vivait saint Cyrille, il y avait une hérésie très grave, le nestorianisme du nom d'un patriarche de Constantinople, Nestorius. Il prétendait que le Fils éternel de Dieu dont il ne contestait absolument pas la divinité avait habité dans un homme de telle sorte que, on ne pouvait pas dire que la vierge Marie était la Mère de Dieu. On pouvait tout au plus dire que la vierge Marie était la mère de la chair que le Verbe de Dieu avait pris. Ce que pensait Nestorius, c'était que, d'une certaine manière le Christ était en deux parts, en deux morceaux. Il y avait la réalité divine, le Fils éternel de Dieu et il avait pris une condition humaine mais qui lui était, pour ainsi dire, extérieure. Il l'avait prise mais comme un vêtement qui ne faisait pas vraiment partie de lui-même.
Saint Cyrille est celui qui a vu où cela menait et qui a mené un combat extrêmement dur pour maintenir ce qu'il avait proclamé au Concile d'Ephèse que : "La vierge Marie était vraiment la mère de Dieu", c'est-à-dire et c'est cela qui est l'essentiel que Marie n'a pas seulement prêté, donné une chair humaine au Verbe de Dieu, au Fils de Dieu, mais que le lien véritable entre Marie et Jésus de Nazareth était un lien de personne à personne : un lien entre une personne humaine qui était la vierge Marie et une personne divine qui était le Fils de Dieu. En réalité, lorsque Marie parlait à Jésus, elle ne parlait pas à ce quelque chose que le Fils éternel de Dieu avait pris sur Lui comme un manteau ou un vêtement, elle parlait vraiment au Fils de Dieu, elle parlait vraiment à la personne même du Verbe. Ce que Saint Cyrille nous a appris ou plus exactement ce qu'il a détendu, c'est qu'entre la vierge Marie et son Fils existait une relation de personne à personne et que, par conséquent, pour tout croyant existait, avec le Fils de Dieu une relation de personne à personne.
A cette époque-là, ce n'était pas évident. Pour sauvegarder l'infini de Dieu, on était prêt à lui accorder une sorte d'humanité sans beaucoup de consistance et à faire que sa relation avec Dieu ne soit pas une relation de quelqu'un avec ce quelqu'un qui est Dieu. Ce que saint Cyrille a défendu comme le cœur même de la foi c'est que lorsque la vierge Marie portait dans son sein le Fils de Dieu, c'était vraiment le Fils de Dieu. C'était, bien entendu, une chair humaine qu'elle portait en elle, mais cette chair humaine était vraiment déjà celle du Fils de Dieu, de telle sorte que la relation entre Marie et son Fils était vraiment une relation de la mère avec son enfant et non pas de la mère avec une quelconque chair humaine qu'elle aurait porté en elle et que Dieu aurait pris sur lui.
Ainsi, pour nous aujourd'hui, qui vivons dans un monde qui glisse insensiblement vers le paganisme et qui reprend, sans s'en rendre compte, cette vieille habitude de ne plus connaître son Dieu, non plus de le nier, car on a dépassé ce stade qui paraît généralement un peu primaire, mais on ne sait plus qui est Dieu, il faudrait que nous demandions par l'intercession de saint Cyrille qui a si vigoureusement défendu cette relation de personne à personne entre la vierge Marie et son Fils, que nous, chrétiens, nous ayons ce sens de la véritable relation personnelle qui s'établit entre Dieu comme personne et chacun d'entre nous. Nous connaissons le visage de Dieu. Nous l'avons vu à travers les yeux des apôtres. Nous savons quel est le secret du Fils de Dieu : il est une personne et non pas une personne lointaine mais une personne qui s'est fait tellement proche qu'elle a voulu prendre une chair humaine comme la nôtre et se l'unir si intimement que lorsqu'on voyait Jésus, on voyait visiblement l'invisible du Fils de Dieu. Voilà le cœur de notre foi. Dieu n'est pas un être lointain. Il a un visage et son seul désir sur nous c'est de nous aimer comme des personnes parce que Lui-même est personne et veut être aimé comme tel.
AMEN