SE SAVOIR AIMÉ ET SAUVÉ

Jc 2, 1-4 ; Mc 10, 13-16
St Antoine de Padoue - (13 juin 1990)
Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

S

aint Antoine, comme de nombreux saints, se caractérise par une certaine ténacité quant à la certitude d'être mené, guidé par Dieu. Saint Antoine avait décidé que la pauvreté serait l'axe prin­cipal de sa vocation et il s'engagea dans les chanoines de saint Augustin où il reçût une solide formation. Il désirait partir avec eux pour évangéliser le Maroc, mais sa santé défaillante l'en empêcha. Il reprend le chemin d'un autre couvent où il se terre, se cache jus­qu'au jour où ayant été appelé pour exhorter ses frères en religion, on découvrit en lui éloquence et savoir.Mais rien ne l'empêche d'aller au bout du projet qu'il s'était fixé. Il entend parler de saint Fran­çois et se met à sa suite. Sa carrière franciscaine s'achèvera à Padoue en 1230.

Ainsi nous avons dans ces figures des saints, non pas tant des caractéristiques qui les prédisposent à devenir saints qu'un certain nombre de qualités, qui sont peut-être même parfois des défauts, qui leur ont permis d'être guidés, modelés par la grâce de Dieu. Il y a dans la vie de saint Antoine, une extrême rigueur, une grande ténacité, une sorte de fidélité inlassable. C'est comme une leçon pour nous. Ce n'est pas à nous à imiter le Seigneur ou à nous faire comprendre à l'intérieur ce qu'il voudrait. Mais nous devrions avoir le zèle de nous relever après nos péchés. La seule chose que Dieu nous demande, ce n'est pas d'éviter ces péchés ou de devenir saints par notre propre vo­lonté, par nos propres forces, mais de nous relever si vite que la grâce puisse nous saisir et que le Seigneur trouve en nous ce serviteur zélé et ardent que rien ne décourage.

Alors, ténacité et fidélité sont deux mots sim­ples, presque trop psychologiques, et pourtant ils sont comme le parvis d'une demande de grâce. Souvent il y a en nous découragement ou laisser-aller. On laisse aller le temps. Pourtant cette perte de temps nous em­pêche de reconsidérer, d'être considéré comme un serviteur fidèle et zélé, non pas qui fait fi des péchés qui le font tomber mais qui se relève car il sait, par la foi, qu'il est sauvé et aimé malgré tout.

Que par l'intercession de ces saints qui ont témoigné en leur temps d'une ténacité humaine qui est, en creux, la grâce par laquelle Dieu veut les com­bler, demandons que nous soyons nous aussi touchés par la fidélité de ces saints et que Dieu nous comble de sa grâce.

 

AMEN