L'ANNONCE DU SALUT UNIVERSEL
Ac 13, 1-4
St Barnabé - (11 juin 2001)
Homélie du Frère Jean-François NOEL
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aint Barnabé que nous fêtons aujourd'hui, a participé à l'implantation de la toute première communauté chrétienne. Lorsque Barnabé est envoyé à Antioche, il a vérifié sur place les effets de la grâce, de cette nouvelle qui se propage comme un feu dans le cœur des croyants. D'ailleurs, il retourne chercher Saul qui est à Tarse et avec lui, il va passer un an à Antioche de Syrie pour prêcher, pour enseigner, pour mettre en place l'Église. Barnabé souffrira énormément de la haine des juifs, de ceux qui ne vont pas les recevoir, comme prophétisant à l'avance l'échec de la première communauté judéo-chrétienne. Quelque chose n'a pas pris dans le monde des juifs, quelque chose va nous en éloigner, c'est une histoire qui a commencé tout au début. Histoire difficile dont nous essayons de reprendre la couture, la communion, mais c'est vrai que dès le début il faut reconnaître que la première communauté des juifs chrétiens qu'étaient Pierre, Paul, Barnabé lui-même, il était juif et s'appelait Joseph, il a été rebaptisé Barnabé ce qui veut dire "fils de consolation, fils d'encouragement", mais ce sont ces juifs, des pharisiens d'origine, de formation, qui vont les premiers, recevoir cette nouvelle, l'épouser de l'intérieur, la transmettre et constater l'effet, le mouvement, par étonnement. Il sera dit dans les Actes des Apôtres que Barnabé a pu vérifier sur place à Antioche les effets de la grâce de Dieu.
L'Église est née dans ce mouvement-là, dans le mouvement de l'Esprit Saint, dans le mouvement d'une propagation, d'une nouvelle qui venait épouser de l'intérieur l'attente profonde des hommes, de toutes races, de toutes langues, de toutes nations. En quelque sorte, comme si le creuset de chaque cœur était fait pour recevoir l'avènement, la nouvelle de Jésus-Christ, le salut offert à tous les hommes, le décloisonnement. C'est une chose qui a dû beaucoup étonner la première communauté, c'est que Dieu était pour tous, ce qui nous paraît d'une immense banalité, mais qui était la première chose qui ébranlait les conceptions de l'époque : un homme Dieu envoyé pour tous les hommes, quelles que soient leur condition, leur race et leur langue. Une sorte de vision presque eschatologique d'une humanité choisie et choyée par Dieu, rassemblée par un seul Dieu. La nouvelle est toujours cette nouvelle-là, elle n'a pas cessé, elle ne cessera jamais d'offrir et de s'ouvrir à l'humanité entière l'humanité appelée au salut de son Dieu, de l'unique Dieu.
Que par Barnabé qui est ce sportif de la nouvelle, celui qui va prendre à bras le corps, à bras d'apôtre cette nouvelle pour en épouser les mouvements, pour en apaiser les aspérités, pour en dessiner la géographie, pour en écrire l'histoire, que nous soyons comme lui capables de prendre à bras de cœur cet évangile qui nous est si cher.
AMEN