LE FONDATEUR DES PRÉMONTRÉS
Ac 4, 32-35 ; Lc 10, 1-9
St Norbert - (6 juin 2008)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL
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rères et sœurs, le petit texte des Actes que nous lisions tout à l'heure et qui donne un tableau d'ensemble de la première communauté chrétienne, ce texte a eu un rayonnement considérable dans l'Eglise primitive. Il est comme l'exemple de l'idéal de cette communauté.
Ce n'était pas dès le départ la charte de ce qu'on appellera la vie monastique, mais comme un idéal de la vie de la communauté chrétienne tout entière. Ce qui nous est dit ici ne s'adresse pas à une catégorie de chrétiens à part, mais à tous les croyants; Cette mise en commun des biens, cette unité des cœurs et des âmes, cette attention à la prédication de la résurrection du Christ, s'est proposée à tout le monde, c'est dans l'Église primitive l'idéal de ce que tout chrétien devrait être. Par la suite, avec la fin des persécutions, la ferveur s'est atténuée, et puisqu'on ne persécutait plus les chrétiens, la solution était simple, on pouvait se dire chrétien et cela ne pouvait pas coïncider avec une ferveur intense. Cette charte de mise en commun, de prière commune, de prédication commune de la résurrection du Christ, s'est trouvée réservée à une certaine élite qui sera plus tard la vie monastique.
Des évêques comme saint Augustin, et plus tard Eusèbe de Verceil que nous fêterons au début du mois d'août, ces évêques ont voulu imposer ce style de vie non pas à tous les chrétiens, du moins à leur clergé. Cela a été le point de départ de ce que l'on appellera plus tard les chanoines, des prêtres qui vivaient en communauté avec leur évêque dans une prière et une liturgie communes, s'adonnant à l'évangélisation et mettant tout en commun. Cela n'a duré qu'un temps, très vite, ces chanoines, et c'est ce que noue connaissons aujourd'hui, sont revenus à la vie privée, et n'ont gardé que quelques brefs moments de prière commune.
C'est dans cet esprit qu'au onzième siècle, saint Norbert a voulu restaurer ce mode de vie tout à la fois apostolique et cette vie communautaire où l'on mettait tout en commun de l'âme jusqu'aux biens en passant par les cœurs. Seulement à cette époque-là, entre temps avait eu lieu la naissance de la vie monastique au désert en Égypte avec saint Antoine et plus tard avec saint Benoît en Occident, et quand saint Norbert a voulu restaurer la vie des chanoines réguliers, en mettant tout à la fois leur vie apostolique et leur vie commune, tout naturellement on a imaginé que ces chanoines régulier aient une vie monastique au sens où saint Benoît et saint Antoine l'avaient répandu.
Ce n'est pas avec l'évêque que les prémontrés vivaient la vie commune, ce n'est pas à la table de l'évêque qu'ils mangent, mais c'est comme tous les moines au monastère où ils se retirent pour vivre ensemble entre deux prédications. C'est donc tout à la fois une vie apostolique et une vie monastique, mais qui n'est pas pleinement diocésaine, l'époque et les mœurs avaient changé, et saint Norbert n'a pas pu tout à fait réaliser la restauration des chanoines réguliers.
Ce sont nos frères prémontrés qui vivent à Frigolet, ou ailleurs qui sont le fruit de l'effort de saint Norbert qui a essayé de réaliser en étant tout à la fois un prédicateur et en même temps, un moine vivant l'austérité et la mise en commun.
Que ces exemples nous montrent la richesse de l'histoire de l'Église qui multiplient des intuitions et des réalisations différentes mais qui toutes contribuent à cette splendeur de la communauté chrétienne qui est remplie de vocations différentes et complémentaires.
AMEN