LA GRÂCE DU MARTYRE

1 Th 2, 1-14 ; Lc 21, 12-19
St Pothin et Ste Blandine - (2 juin 2008)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

F

rères et sœurs, les saints martyrs que nous célébrons aujourd'hui sont des figures hautes de notre tradition. Ils ont vécu pour le Christ, ils sont morts pour lui. Le vieil évêque Pothin qui meurt d'épuisement dans la prison, Blandine, une petite fille faible, mais qui a revêtu le Christ. Aussi, nous disent les témoins de leur martyre, elle put entrer dans l'amphithéâtre pleine de joie et d'allégresse, comme si elle était invitée à un repas de noces.

Dans l'évangile que nous venons d'entendre, Jésus nous prévient que ce n'est pas nous qui devons témoigner, c'est lui et sa grâce qui témoignent en nous : "Mettez-vous donc dans l'esprit que vous n'avez pas à préparer votre défense, c'est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à quoi nul de vos adversaires ne pourra résister". Les propres compagnons de Blandine étaient dans la crainte à cause de sa fragilité et la faiblesse de son jeune âge, mais le Christ lui a donné le langage de la sagesse à quoi rien n'a pu résister. Alors que non seulement l'évêque saint Pothin, et tous ses compagnons étaient déjà morts, qu'elle seule restait, elle a soutenu le combat plusieurs jours durant, elle n'a pas succombé, elle est sortie victorieuse parce que sa vie on ne la lui enlève pas, c'est elle qui la donne comme l'a dit le Christ, et nous marchons à la suite du Christ.

Ce n'est pas la force humaine, ce ne sont pas les qualités d'expérience, d'âme, d'âge, qui aident à être témoin du Christ, c'est la grâce toute pure, la grâce du Christ qui a transformé cette jeune fille en une martyre parmi les plus grandes de l'histoire de l'Église. C'est de cela que nous sommes nourris.

Frères et sœurs, souvent des chrétiens n'osent pas parler de leur foi devant d'autres. Interrogés par des amis, des collègues de travail, ou des connaissances, ils ont peur de ne pas savoir proclamer leur foi comme si c'était nous qui étions témoins et non pas l'Esprit Saint en nous, non pas la grâce du Christ qui nous est donnée. Ne soyons pas timorés comme si tout se mesurait à l'aune de nos capacités. Sachons laisser la place dans notre vie, dans notre action, dans nos paroles, au Christ lui-même comme il nous l'a promis. Il sera présent avec nous tous les jours jusqu'à la fin du monde.

 

AMEN