LE COMBAT DE LA FOI
1 Th 2, 1-14 ; Lc 21, 12-19
St Pothin et Ste Blandine - (2 juin 2005)
Homélie du Frère Jean-François NOEL
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cent cinquante ans à peine de la mort du Christ, on a affaire à deux figures presque essentielles, qui forcément ont été choisies en raison de leur caractère de fragilité. Entre Pothin qui a près de quatre-vingt dix ans et Blandine qui est une toute jeune fille, et les autres martyrs craignaient d'ailleurs qu'elle ne résistât avec force contre les tortures qui leur seront infligées, ces deux figures si fragiles vont marquer à tout jamais le christianisme dans notre pays.
On peut d'étonner que ces jeunes chrétiens, parce que c'est une jeune Église, aient d'emblée considéré la foi comme une nécessité de combat. Un combat, ce n'est pas simplement contre les bêtes, contre les magistrats de la cité, mais il s'agit bien d'un combat contre le mal, avec cet amour dont ils sont certains qu'il est si puissant qu'il est victorieux. Ainsi à travers ces deux figures, c'est une sorte de révolution, ce n'est plus l'apparence, la force qui va gagner, mais c'est une autre force, celle des rejetés, des torturés, des blessés qui prend la tête.
Dans les Actes des martyrs, on raconte que "saint Pothin qui était un vieil évêque, faible de corps et pouvant à peine respirer, on voyait en lui l'ardeur de l'esprit. Quand il fut traîné devant le tribunal, son corps brisé par la vieillesse et la maladie, on le voyait maître de son âme. Il fut porté au tribunal par les soldats, tandis que les magistrats de la cité et toute la foule l'accompagnaient dans une sorte de clameur, comme s'il était lui-même le Christ. Le gouverneur lui demanda qui était le Dieu des chrétiens, et il répondit : Si tu en es digne, tu le connaîtras. Il fut alors emmené et traîné sans pitié, il souffrit toutes sortes de coups, ceux qui étaient près de lui l'outrageaient de toutes les manières, des mains et des pieds sans aucun respect pour son âge. Ils croyaient en effet venger leurs dieux en agissant ainsi. Pothin respirait à peine quand il fut jeté en prison, et après deux jours, il rendit l'âme".
Un autre récit de sainte Blandine rapporte que "les martyrs plus âgés qui l'entouraient craignaient qu'elle ne tienne? Or c'est elle qui remporta la victoire par sa ténacité, sa force. Blandine fut suspendue à un poteau et exposée pour être la pâture des bêtes lâchées contre elle. A la voir suspende à une sorte de croix, à l'entendre prier continuellement, les lutteurs fortifiaient leur courage et ce jour-là, aucune des bêtes ne la touchât. Elle fut détachée du poteau, ramenée dans la prison et emmenée pour un autre combat. Elle traverserait donc victorieusement les luttes plus nombreuses, elle, la petite, la faible, la méprisée, car elle s'était identifiée au grand et invincible athlète, le Christ. Elle avait triomphé de l'adversaire en maintes rencontres, et par la lutte, avait remporté la couronne de l'immortalité".
Que ces deux exemples très forts en couleurs, nous aident à tenir dans notre propre combat, nous n'avons pas à choisir le combat que nous avons à mener, mais nous sommes aussi des combattants de la foi, là où nous sommes. Demandons au Seigneur, la foi et le courage.
AMEN