VOIR LE PÈRE
Jc 1, 1-12 ; Jn 14, 7-14
St Philippe et St Jacques - (4 mai 2011)
Mercredi de la deuxième semaine du temps pascal
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL
Avioth : Saint Philippe
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rères et sœurs, la figure de l’apôtre Philippe que nous connaissons grâce à l’évangile de saint Jean qui en parle à plusieurs reprises, est une figure très attachante.
Il se caractérise d’abord par son ouverture à ce qui est extérieur. Dès qu’il a rencontré Jésus et qu’il a entendu celui qui lui a dit : suis-moi, il n’a eu de cesse d’aller rencontrer son ami Natanaël pour lui dire : « Nous avons trouvé le Messie ». Plus tard, au désert devant la grande foule, lorsque l’heure du repas approche, c’est lui qui pensera à venir dire à Jésus qu’il faut nourrir cette foule. C’est lui aussi qui dénichera un jeune homme qui a apporté deux poissons et cinq pains pour qu’on puisse les partager entre tous. Quand les grecs veulent voir Jésus, c’est à Philippe qu’ils s’adressent, Philippe dont le nom est grec, ce qui ne veut pas dire qu’il était de race grecque, mais que sans doute, il parlait le grec.
Nous voyons ainsi Philippe attentif à des choses que les autres ne voient pas et soucieux des moindres détails. En même temps, il y a cette parole que nous venons d’entendre qui est au centre de notre liturgie d’aujourd’hui : « Montre-nous le Père et cela nous suffit ». Cette Parole, nous pouvons la prendre par deux extrémités. La première est magnifique, elle nous montre que Philippe a écouté et compris le message de Jésus qui est avant tout de conduire le monde vers le Père. Si nous relisons l’évangile avec soin, nous verrons que Jésus passe le meilleur de son temps à prier seul dans la montagne auprès du Père à se ressourcer en quelque sorte dans la vie du Père, dans le jaillissement de vie qui vient du cœur du Père et dont lui, Jésus, le Fils, tient tout ce qu’il est. Philippe a compris que rencontrer le Père cela suffit, que c’est tout le désir et la recherche de Jésus que de nous conduire au Père, pour que nous découvrions cette infinie bonté qui est de contempler le visage du Père comme lui-même se ressource perpétuellement auprès du Père. Philippe donc a compris l’importance de marcher vers le Père, de chercher à déchiffrer le visage du Père.
Mais il y a un aspect du mystère qu’il n’a pas encore compris, c’est l’union profonde de Jésus avec son Père qui fait que tout ce qu’a le Père, il le donne au Fils et que tout ce qu’a le Fils lui vient du Père. Et par conséquent, voir le Fils c’est déjà voir le Père parce qu’ils sont un par la même nature, par la même divinité, par la même richesse d’être qui jaillit de l’un et qui remplit l’autre. Cela Philippe ne l’avait pas encore compris, c’est pourquoi Jésus va lui reprocher : « Depuis si longtemps je suis avec vous et tu ne me connais ? Si tu me connaissais, tu connaîtrais aussi le Père car je suis dans le Père et le Père est en moi ».
Voilà tout l’itinéraire spirituel de Philippe tel qu’il nous est rapporté dans l’évangile de saint Jean depuis sa vocation apostolique, qui le fait attentif à tout ce qui l’entoure et qui veut conduire auprès du Père, jusqu’à cette pénétration du mystère que toute la vie du Christ est tournée vers le Père, même s’il n’a pas encore tout à fait compris que le Père et le Fils ne font qu’un et que déjà voir le visage du Fils, c’est y déchiffrer le visage du Père.
Que Philippe à la fois attentif aux autres et en même temps profondément contemplatif, nous initie à ce mystère du Père, à ce mystère du Fils Jésus qui est semblable au Père, à ce mystère de la Trinité qui est le mystère des mystères, qui est le cœur de toute révélation.
AMEN