JACOB, SALOMON, ZACHÉE
Ap 21, 1-5 a ; 1 P 2, 4-9 ; Lc 19, 1-10
Dédicace de l'église St Jean de Malte - (3 mai 2004)
Lundi de la quatrième semaine du temps pascal
Homélie du Frère Christophe LEBLANC
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rères et sœurs, quand la communauté chrétienne s'assemble dans une église pour l'eucharistie ou pour un office, cette communauté est beaucoup plus large que celle qui est présente, et à chaque rencontre ici, dans cette église, sont associés tous ceux qui nous ont précédés. J'aurais voulu en quelques mots, vous donner une courte méditation sur certains personnages, sur certaines figures qui nous accompagnent dans ce mystère de cette fête que nous célébrons. D'abord, Jacob, dont nous avons entendu la lecture hier soir aux vigiles, ce matin, la figure de Salomon, qui est venu prier à la dédicace du Temple de Jérusalem, et il y a quelques minutes, ce personnage de Zachée qui voulait absolument voir Jésus.
Je crois que chacun, à sa manière, nous dit quelque chose sur la façon dont nous pouvons rentrer en relation avec Dieu. D'abord la figure de Jacob à qui Dieu dit qu'il va être à l'origine d'un grand peuple. Jacob alors se tourne vers Dieu pour lui demander tout simplement un toit, de quoi manger et de quoi se vêtir. De cette manière, Jacob est celui qui représente encore pour nous, quand nous venons dans une église, celui qui est intéressé qui vient devant Dieu pour lui demander quelque chose de très précis.
A l'extrême, il y a cette personne de Zachée qui n'a pas tellement besoin de demander quelque chose, puisque dans l'évangile on dit qu'il est très riche Mais Zachée, c'est celui qui, avec Dieu, se contente de regarder un peu de loin, comme parfois les gens qui attirés par la lumière ou le chant dans une église, rentrent, restent au fond, veulent capter quelques petites choses, mais ne souhaitent pas nécessairement aller plus loin. C'est un peu le refus de s'engager, de rentrer dans une aventure, dans une relation avec Dieu, et de rester comme sur le pas de la porte.
Et ce matin, la figure de Salomon, dans cette grande prière, admirable prière au cours de laquelle Salomon dit que lorsqu'on vient devant Dieu, on vient avec ce que l'on est, et l'on vient surtout pour lui demander de nous redresser. Je crois que quand on vient dans une église, et que l'on célèbre la dédicace d'une église, nous venons en quelque sorte devant Dieu lui demander de redresser notre désir. Nous venons avec ce que nous sommes, nos propres centres d'intérêt, notre peur quelquefois d'aller plus loin. Et en fait, ce que Dieu nous demande, c'est tout simplement de venir à son appel, de venir, de nous offrir à lui comme une pierre, prête à être polie, prête à être travaillée. Je crois que l'image que nous reprenons très régulièrement de cet édifice de pierre, c'est aussi l'image de la communauté chrétienne. Cette dédicace que nous célébrons aujourd'hui, ce n'est pas uniquement l'édifice de pierre qui nous protège de la pluie, de l'orage et du mistral, c'est aussi notre communauté chrétienne. Là, je crois encore, à leur manière, Jacob, Salomon et Zachée nous disent quelque chose sur la manière dont nous vivons dans notre communauté chrétienne. Est-ce que nous en restons éloignés de peur de nouer contact avec nos frères et nos sœurs ? Est-ce que nous venons uniquement pour y chercher quelque chose et que nous repartons de cette communauté chrétienne comme des voleurs, ou bien acceptons-nous d'être polis et travaillés par nos frères et nos sœurs?
Dans ce mystère de la dédicace, que notre cœur accepte d'être travaillé, d'être transformé comme une pierre, afin que nous puissions aussi à l'image de ces pierres dorées et si belles qui nous entourent, resplendir de l'amour de Dieu, en nous laissant transformer au jour le jour par nos frères et par l'amour de Dieu transfiguré.
AMEN