DÉFENSEUR DE LA FOI
1 Jn 5, 1-5 ; Mt 10, 22-25
St Athanase - (2 mai 2013)
Jeudi de la cinquième semaine du temps pascal
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL
Trinité - La Ferrière
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rères et sœurs, on a pu dire à un moment donné dans l'histoire de l'Église qu'il ne restait plus que saint Athanase qui ait la foi ! C'est peut-être un peu exagéré mais c'est proche de la vérité. En effet, l'Église s'est trouvée très vite confrontée à la difficulté d'expliquer le mystère de la Trinité. Que Dieu soit un, tout le monde était d'accord, en tout cas cela ne représentait pas une difficulté, au contraire, c'était le sacre de l'universalité du règne de Dieu, mais que ce Dieu sans cesser d'être "un" devienne "trois", voilà qui heurtait le bon sens et la manière de s'exprimer.
C'est pourquoi dans plusieurs endroits de l'Église, et très particulièrement à Alexandrie, une des capitales du monde grec de l'époque, il y eût une tendance à dire que le Père était le Dieu unique et que le Fils et à plus forte raison l'Esprit Saint, étaient bien divins, mais d'une manière secondaire. Jésus n'était que le serviteur qui prépare la venue de Dieu.
Saint Athanase a le mérite de s'être violemment élevé contre cette pensée, contre cette façon de réduire la foi à quelque chose de raisonnable. Il s'est élevé fortement pour défendre à la fois la Trinité des Personnes, et l'unité de la nature de Dieu nous disant que la miséricorde de Dieu, l'amour de Dieu c'était d'abord l'amour du Père pour le Fils, l'amour du Père qui engendrait le Fils dans un immense geste d'amour et que tout l'amour qui se trouvait dans la création n'était que ce qui découlait de cet amour fondamental du Père pour le Fils et la réciproque du Fils pour le Père.
Si nous sommes à notre tour capables d'aimer, c'est parce que le Christ met en nous la puissance de son amour qu'il tient du Père. Si le Christ est Fils du Père, cela n'implique pas une infériorité, cela implique une communion totale et absolue. Dans le Christ Jésus se réalise la puissance de l'amour de Dieu qui du cœur du Père se répand dans le cœur du Fils, et à travers lui, dans toute la création pour que les créatures que nous sommes puissent revenir à leur tour à la vision du Père, à la communion fondamentale de la Trinité.
C'est cela que saint Athanase a défendu avec une vigueur absolue. Il y a perdu à plusieurs reprises sa liberté pendant son épiscopat à Alexandrie, il fut par cinq fois exilé, ce qui fait qu'il a passé plus de temps en exil que sur la chaire épiscopale d'Alexandrie. Ce ne fut pas sans vertu, puisque finalement cette pensée de saint Athanase manifesté qu'elle était le cœur, le noyau, l'essentiel du dogme de la Trinité. Un seul en trois, un seul amour en trois personnes, trois amours qui se réunissent et se condensent en ces trois personnes. On a souvent donné comme exemple, comme image pour nous servir de repère, la lumière d'un cierge : quand on allume un second cierge avec la flamme du premier, le second devient lumineux comme le premier sans que celui-ci cesse de briller. Il y a donc dans l'amour du Père une force telle qu'elle transfigure en quelque sorte l'amour du Fils et que c'est ainsi que notre Dieu est un Dieu de communion, non pas un Dieu d'unicité mais un Dieu qui se donne, qui nous donne nous-mêmes d'être des enfants de Dieu.
AMEN
