ATHANASE D'ALEXANDRIE
1 Jn 5, 1-5 ; Mt 10, 22-25
St Athanase - (2 mai 2005)
Homélie du Frère Bernard MAITTE
|
D |
ieu est vainqueur du monde, et telle est la victoire qui a triomphé du monde, notre foi". Frères et sœurs, je crois que cette phrase s'applique tout particulièrement à l'évêque saint Athanase d'Alexandrie. Telle est la victoire, celle qui a triomphé sur le monde, c'est la foi. Athanase pourrait nous apparaître d'une manière positive comme ayant un caractère bien trempé. Il a supporté cinq exils, dix-sept années hors de son siège épiscopal. Il a été vainqueur de toutes les tracasseries policières, administratives, de tous les complots que l'ont a tracté contre lui. Tous les sévices qu'il a dû subir pour une seule raison : défendre la vérité de la foi. Défendre non pas son opinion, non pas son idée, défendre la foi telle que l'Église dans un concile œcuménique, c'est-à-dire avec l'ensemble de tous les évêques, avait reconnu, défini du Christ. Il est sûr que la plupart des hérésies sont toujours portées sur le problème qui affirme que Jésus est vraiment Dieu. Il est pleinement homme et pourtant, pleinement Dieu. Lorsque l'on veut avoir du monde dans une secte, voire même dans une religion, la première chose à faire, c'est de simplifier. Si vous rendez les choses simples, les gens ont l'impression que c'est directement accessible et ils y vont, même si au vu de la raison, cela peut paraître parfaitement idiot, mais il faut que ce soit simple.
Athanase s'est refusé à un discours simple sur le Christ. C'est trop compliqué de dire : Jésus est vraiment homme. Est-ce que cela ne risque pas de qualifier ou d'enlever même quelque chose à sa divinité, ou bien il serait peut-être plus facile de dire : il est seulement homme, parce qu'il n'a pas réalisé pleinement tout ce que l'on pouvait attendre d'un Dieu fort et puissant. Effectivement, enlever une part de la compréhension de la connaissance de Jésus vraiment homme et vraiment Dieu, c'est simplifier le christianisme et ne plus s'embarrasser de ce qui semble être tellement à l'opposé l'un de l'autre, tellement paradoxal, que les tenir ensemble est une gagure.
Athanase n'a pas défendu la foi pour la foi, il a défendu le salut que Jésus a opéré dans le cœur de l'homme. Il a cru cette chose essentielle, c'est que non seulement Dieu aime l'homme, mais que Dieu l'a manifesté en son Fils Jésus. Que Jésus est vraiment Dieu et qu'Il n'a pu nous dire tout cet amour de Dieu que par la proximité de son Incarnation. Qu'Il est vraiment homme et donc que je peux l'atteindre, le connaître lui, ce Dieu qui me dépasse. Il me semble qu'Athanase en plus de très belles images pour faire comprendre et saisir ce salut qui s'opère, car il l'a toujours montré, que le Christ n'agit pas pour lui, mais agit pour les hommes, et que Jésus vraiment Dieu garde les yeux fixés sur son Père, non pas pour rester simplement dans l'intimité ou la divinité du Père, mais pour que l'homme rencontrant le regard du Christ le voie poser sur le Père et que l'homme puisse se retourner et voir la miséricorde de Dieu s'opérant dans son propre cœur.
Ainsi, pour Athanase, la défense de la foi en la divinité du Christ a été la défense d'un homme entièrement sauvé par Jésus. Il n'était plus besoin de quelqu'un d'autre, il n'était plus besoin d'avoir une autre image ou idée de Dieu que celle qui n'était plus ni une image ni même une idée, mais une réalité : l'amour de Dieu manifesté par Jésus pour les hommes.
Il me semble que nous avons pour nous aujourd'hui un chemin exemplaire de ce que devrait être notre acte de foi. La première chose, comme le disait l'oraison, c'est de "connaître le Seigneur notre Dieu". Le chrétien a le devoir aujourd'hui dans un monde où nous ne savons plus qui donne la connaissance ni d'où elle vient, de savoir en revanche d'où lui vient Lui, sa connaissance. Qui est le Fils de Dieu ? Il faut donc lire, il faut donc travailler, chercher celui que nous voulons confesser. Et l'oraison poursuivait, " le connaître lui, pour l'aimer davantage". Il ne suffit pas de dire : j'aime tout le monde, éventuellement, d'autres religions sont capables de le dire aussi. Mais en revanche, dire : j'aime l'autre parce que j'y reconnais l'action du salut de Jésus dans son cœur, que je sais la discerner et l'annoncer, alors l'acte de foi devient plénier, entier, il devient réalité. C'est ce qu'Athanase aujourd'hui nous apprend et nous invite à faire.
AMEN