PORTEURS DE LA LUMIÈRE
Ba 4, 30-37 ; Jn 12, 35-36
Ste Lucie - (13 décembre 2005)
Mardi de la troisième semaine de l'Avent
Homélie du Frère Bernard MAITTE
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ans des pays où il fait plus beau et plus chaud, on constate que le soleil cesse de décroître aux alentours du 13 décembre. Du coup, certains y ont vu, parce qu’on ne sait pas grand-chose de Lucie, que cette sainte martyre de Syracuse, finalement récapitule cette longue manière de constater que la course du soleil s’arrête de décroître pour à nouveau grandir, et illuminer le monde de sa splendeur et de sa chaleur. C’est pour cette raison que l’introduction de la fête de sainte Lucie au missel dit : "qui a dû mourir martyre sous Dioclétien en 304".
L’évangile que nous avons lu nous donne aussi le fil conducteur de ce que nous pourrions dire ou recevoir aujourd’hui en cette fête de sainte Lucie. "Tant que vous avez la lumière, marchez dans la lumière" nous dit le Christ. Marcher avec cette lumière. En somme, la lumière a une longue histoire dans la Bible. C’est la lumière qui jaillit dans la nuit du chaos, la lumière de la création qui éblouit le monde d’une clarté toute nouvelle. C’est la lumière de cette nuée qui conduit dans la nuit du désert le peuple des hébreux sortant de l’esclavage d’Égypte et appelé à entrer dans la Terre Promise. Lumière qui ouvre un chemin dans la nuit du désert. C’est certainement la lumière qui brille dans les paroles des prophètes, annonçant avec clarté la venue du jour de Dieu grand et redoutable, lumière qui appelle à passer au feu du creuset pour que, purifié comme cet or, l’homme se convertisse et devienne lumière lui-même. C’est peut-être aussi cette lumière qui brille dans le cœur des sages, comme cette lumière d’une lampe dans la nuit qui veille et qui guette, scrutant l’Écriture et les signes du temps de ce monde, déjà en train d’être changé. C’est la lumière de Noël, cette petite lumière qui brille dans la nuit, d’un Enfant qui vient au cœur de ce monde pour être un jour celui qui dit : "Je suis la lumière du monde".
Alors peut-être qu’au matin de la Résurrection, la lumière du jour nouveau qui commence à poindre ne fait que préparer cette grande clarté à la fois forte et douce du Christ vivant et ressuscité. Les Pères de l’Église aimaient dire quand quelqu’un venait d’être baptisé, dans la nuit de Pâques, à la lumière tremblante des chandelles : voici que maintenant, tu as été illuminé par la grâce, par la vie de Dieu.
Ainsi, Lucie c’est une belle vocation, c’est la vocation de chacun d’entre nous, illuminés par la grâce du baptême, appelés à être porteurs de la lumière, dans un monde encore trop envahi par les ténèbres et la nuit. Elle est belle la vocation des chrétiens, elle est belle la vocation de chacun d’entre nous, appelés à être Lucie.
AMEN