TEMPS D'ATTENTE ET DE MISSION

1 Co 9, 16-23 ; Mc 16, 15-20
St François-Xavier - (3 décembre 2005)
Samedi de la première semaine de l'Avent
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

F

rères et sœurs, ce temps de l'Avent qui est le temps de l'attente, est essentiellement le temps de l'attente du retour du Seigneur, de sa venue, quand Il viendra pour accomplir toutes choses. Ce temps de l'attente est aussi le temps de la mission, et c'est pourquoi cette fête de saint François-Xavier y est parfaitement à sa place.

En effet, quand l'Église attend son Seigneur, elle ne l'attend pas de façon passive, elle ne l'attend pas assise au coin du feu, elle attend le Seigneur avec une tension de tout son être, de son cœur, de toute sa vie. L'Église attend le Seigneur en marche vers elle, et elle s'élance à sa rencontre. Elle est entièrement possédée par ce désir de la venue du Seigneur. C'est pourquoi l'Église, dans ce temps de l'attente se tourne intensément vers son Seigneur, et elle ne peut pas ne pas proclamer avec joie l'émerveillement que ce Seigneur a racheté tout l'univers, a racheté tous les hommes, et qu'il est en train de venir pour les rassembler en un seul peuple dans son Royaume. Cette tension intense de l'Église, ce feu qui brûle dans son cœur la pousse à annoncer cette joie à tous les hommes qui ne la connaissent pas encore. La mission n'existe pas d'abord pour augmenter les membres de l'Église. La mission ne consiste pas à inscrire de nouveaux membres au palmarès de la prédication. La mission, ce n'est même pas pour arracher les hommes à l'erreur et au péché (encore que bien entendu, ce soit un des objectifs de cette mission), mais la mission, c'est d'abord pour faire rayonner la présence du Christ, pour que cette Bonne Nouvelle parvienne à tous les cœurs, pour qu'un nombre sans cesse croissant d'hommes et de femmes puissent savoir qu'ils sont aimés et sauvés, qu'ils sont appelés à ce bonheur inimaginable que "l'œil n'a pas vu, que l'oreille n'a pas entendu, qui n'est pas monté au cœur de l'homme", comme nous le dit saint Paul. Ce bonheur que nous ne pouvons même pas nous représenter, consiste à être enfants de Dieu dès maintenant et à ce que cette filiation divine finalement atteigne toutes les fibres de notre cœur, de notre corps, de tout notre être.

C'est une sorte de feu qui habite le cœur de l'Église et qui habitait tout particulièrement le cœur de saint François-Xavier, de partager la joie de l'évangile avec tous les hommes. Il est allé vers ces innombrables peuples de l'Orient, qui, certes, cherchaient Dieu, mais ne savaient pas que Dieu avait déjà répondu à leur recherche. Ils ne savaient pas encore que dans cette rencontre, nous étions en marche vers Dieu à tâtons, mais aussi que Dieu était en marche vers nous, c'est ce qu'on appelle la Révélation, c'est ce qu'on appelle l'Incarnation, c'est ce qu'on appelle la Parousie du Christ quand Il viendra pour tout rassembler, et tout faire entrer dans ce que nous appelons sa gloire, c'est-à-dire dans sa splendeur, sa beauté, son bonheur et sa bonté.

Frères et sœurs, que ce désir missionnaire habite nos cœurs. Quelquefois, nous avons honte de nous dire chrétien, ou bien nous n'osons pas, ou bien nous disons que ce serait indiscret ou que cela manquerait de pudeur. Il faudrait que le bonheur de l'évangile habite suffisamment notre cœur pour qu'il rayonne spontanément, pour que nous ayons une envie irrésistible de le partager avec les autres, non pas par une sorte de prédication contraignante, dans laquelle nous serions en train de harceler les hommes pour qu'ils se convertissent, mais comme une sorte de rayonnement de splendeur qui devrait jaillir de notre cœur, de nos yeux, de nos lèvres.

 

 

AMEN