SAINT ANDRÉ

Rm 10, 9-21 ; Jn 1, 35-42
St André - (30 novembre 1993)
Mardi de la première semaine de l'Avent
Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

L

a fête d'un apôtre est toujours pour l'Église l'occasion d'approfondir ce qu'elle est elle-même puisque nous célébrons dans chacun des apôtres que le Christ a choisis ceux qu'Il a en­voyés pour que nous puissions, avec eux, être avec le Seigneur. Ce visage de l'apôtre saint André est parti­culièrement touchant et semble résumer d'une ma­nière assez caractéristique le propre de notre vie ac­tuelle. D'une certaine manière, si nous sommes ici, c'est parce que nous recherchons le Seigneur et c'est aussi parce que nous l'avons trouvé.

Quand André pose à Jésus cette question : "Maître, où demeures-Tu ?" le Christ lui répond : "Viens et vois !" André est un homme attentif à la recherche du Seigneur car il a d'abord été disciple de Jean le Baptiste, à l'écoute d'une nouvelle, d'une conversion, d'un choix de vie. En entendant Jean le Baptiste dire : "Voici l'Agneau de Dieu !" André n'hé­site pas. Puis, quand il voit où Jésus a demeuré, il va chercher Pierre et lui dit : "Nous avons trouvé le Mes­sie !" Et il amène Pierre auprès de Jésus. André lui servira aussi d'intermédiaires car lorsque Philippe amènera des grecs qui veulent "connaître Jésus" c'est André qui servira de lien entre ces étrangers et le Maître. Nous avons aussi un autre visage d'André qui sert d'ambassadeur entre le jeune garçon qui apporte les cinq pains et les deux poissons lors de la première multiplication et Jésus qui va emplir de sa fécondité cette manifestation de sa divinité.

Il me semble important de souligner chez l'apôtre André ces deux aspects. A la fois il a trouvé le Seigneur et il amène les autres à le chercher et aussi à le trouver. "Maître, où demeures-Tu ?" "Viens et vois !" "Ce jour-là ils demeurèrent avec Jésus." Où sont-ils allés ? Qu'ont-ils vu ? Je me plais à imaginer qu'ils sont allés prier avec Jésus et qu'ils ont vu où résidait toute la vie de Jésus, elle résidait dans le sein du Père, dans la volonté qu'avait Jésus d'accomplir parfaitement ce que le Père lui demandait. Ils ont vu Jésus établi radicalement et fondamentalement dans la présence de Dieu. Et c'est là me semble-t-il que Pierre, André, tous les apôtres et nous-mêmes avons à demeurer. C'est dans ce lien filial et vital que Jésus est venu nous apporter et nous montrer. C'est là notre demeure.

On nous pose souvent la question : "Où est-Il ton Dieu ?" Nous avons peut-être à faire, en défini­tive, le même lien, le même service. André était au service de la demeure de Jésus en montrant que lors­qu'on est avec le Seigneur on peut rester avec Lui, on peut être stable, ce que signifie demeurer. Aujour­d'hui, nous pouvons trouver la réponse à la question : "Maître, où demeures-Tu ?" puisque nous le cher­chons. Et le Seigneur nous répond : "Viens et vois !" Sa demeure, aujourd'hui, c'est son Église, son Epouse qui est le lieu par excellence pour manifester sa pré­sence à ce monde. Le concile Vatican II s'est plu à reprendre ces notions en disant que l'Église est le sa­crement de Jésus-Christ dans ce monde, le sacrement de la présence de Dieu parmi les hommes. C'est pour­quoi, ce qui est vrai pour l'Église est vrai pour les sept sacrements, nous venons, nous voyons, nous trouvons la présence de Dieu dans le partage de la Parole et dans le partage du pain. Et en même temps nous sommes ceux qui serviront de lien à cette Église, à cette présence de Dieu pour amener d'autres hommes qui cherchent le Seigneur à le trouver.

Que saint André nous aide à accomplir cette mission humble qui est d'être des ambassadeurs du Christ en ce monde, mais des ambassadeurs qui, en portant la Nouvelle et en annonçant le Christ disent et manifestent déjà toute sa présence.

 

 

AMEN