RECHERCHER LA PAIX

1 R 19, 15-16+19-21 ; Mt 7, 21-27
St Colomban - (24 novembre 1993)
Homélie du Frère Michel MORIN

 

V

oici quelques lignes d'une instruction spiri­tuelle que saint Colomban adressa à ses moi­nes, mais qui est valable pour tout chrétien. "Ne soyez pas les peintres d'une image étrangère. Laissons le Christ peindre en nous son Image. Mais Il l'a peinte lorsqu'Il a dit : "Je vous donne ma paix, Je vous laisse ma paix !" Mais à quoi sert-il de savoir que cette paix est bonne si nous ne veillons pas bien sur elle. Ce qui est très bon est habituellement très fragile et les biens précieux réclament de plus grands soins et une garde plus vigilante. Très fragile est la paix qui peut être perdue par une parole légère ou une infime blessure faite à un frère. Or rien ne plaît davantage aux hommes que de parler hors de propos, de s'occuper de ce qui ne les regarde pas, de proférer de vains discours et de critiquer les absents. Dès lors, que ceux qui ne peuvent pas dire : "Le Seigneur m'a donné la langue d'un disciple pour que je sache ré­conforter par la parole celui qui est abattu !" que ceux-là se taisent ou, s'ils disent un mot, que ce soit un mot de paix."

C'est le Christ qui peint en nous son visage et l'œuvre du Christ nous pouvons la reconnaître si nous vivons dans la paix. La paix avec Lui, la paix avec les autres, la paix avec nous-même, puisque la paix, dans ce sens-là, est un autre nom de l'amour de Dieu, de sa tendresse, de sa vérité. Lorsque Jésus dit : "Je vous donne ma paix !" Il vient ainsi recréer dans notre cœur et sur notre face tout ce que le péché avait mis en nous d'hostilité, de violence, de rejet ou d'inutilité. C'est donc le Christ qui fait cette œuvre de résurrec­tion en nous, relevant cette nature créée qui est l'œu­vre de Dieu.

Saint Colomban était moine et pasteur. Il a médité le Verbe de Dieu, il a annoncé le Verbe de Dieu, il l'a distillé dans son cœur, dans son esprit, par sa parole, par sa prédication, par son exemple. Il est devenu ce que lui-même demandait pour ses frères, un homme de paix. Il a annoncé cette incarnation dans sa vie du Prince de la Paix, du Verbe de Dieu. Nous fréquentons régulièrement le Verbe de Dieu. Lorsque nous regardons notre vie est-ce que nous y reconnais­sons l'image du Verbe de Dieu ? Le Verbe de Dieu évite-t-il en nous tout verbiage inutile ? ces vains discours, ces propos qui s'occupent de tout ce qui ne nous regarde pas, cette critique des absents ? C'est un trait tout à fait particulier de la vie commune, mais il est aussi très important. Demandons à saint Colomban que nous qui écoutons chaque jour et qui voulons nous nourrir du Verbe de Dieu, nous qui, d'une façon ou d'une autre, voulons l'annoncer, pas forcément d'ailleurs par la parole, que ce Verbe de Dieu fasse de nous des hommes et des femmes de paix. A travers cette paix les autres pourront pressentir qui est le Christ, quel est le visage de Dieu, quelle est la bonté de Dieu, que Dieu n'est pas étranger à chaque homme et à chaque personne. Que ce Verbe de Dieu qui ha­bite en nous nous garde donc de tout verbiage inutile.

 

AMEN