DANS LE RESPECT DE NOTRE LIBERTÉ, DIEU NOUS PRÉCÈDE TOUJOURS
Si 24, 10-17 ; Lc 1, 46-55
Présentation de la Vierge Marie - (21 novembre 2005)
Homélies du Frère Jean-François NOEL
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n pourrait croire avec cette fête de la Présentation de Marie, qu'on ne cesse pas autour de Marie de faire la surenchère, non seulement, elle est celle qui a répondu "oui" à l'Esprit, mais elle a été dès le début, et c'est d'ailleurs le thème de cette "mémoire", elle aurait été en quelque sorte, choisie. Cela a l'air de nier un peu non seulement sa liberté, mais au fond, elle est carrément sortie de l'humanité. Si dès le début, la main de Dieu repose sur elle, d'abord, Il semble faire peu de cas de la liberté humaine dont Marie devait être dotée comme tous les humains, mais elle quasiment divinisée dès le premier instant.
Je ne crois pas que c'est cela que veut dire cette fête. C'est vrai que nous sommes toujours précédés par Dieu, et les actes de foi que nous posons, les actes de prière qui ont l'air de venir de nous, et ils viennent de nous, nous en avons l'initiative, sont une sorte de confiance. Nous faisons confiance, nous démarrons dans la confiance, de même que nous demandons sa miséricorde, nous la demandons vraiment, nous prenons l'initiative dans notre propre cœur, de cette rencontre. Mais, et cela ne contraint pas liberté, cette rencontre nous a été inspirée. Dieu a toujours un temps de miséricorde d'avance sur nous. Ce n'est pas un choix d'obligation, c'est la manière dont Dieu oriente ce que nous sommes vers le bien. Si nous nous prêtons à cette rencontre subtile qu'il y a entre Dieu et nous, nous découvrirons petit à petit que nous avons toujours été précédés et pas contraints par Dieu, par sa Sagesse, par sa prévenance. J'aime bien ce thème de la prévenance de Dieu qui, comme un architecte, dessine à l'avance la possibilité maximale, d'une rencontre. C'est cela la prévenance, il y a dans cette mémoire de la Présentation, non pas une protection magique, une mise à l'écart en vue d'une non-contamination, ce n'est pas cela dont parle cette "mémoire". Cette fête fait état pour Marie comme pour chacun de nous, puisque Marie est comme un exemple surligné pour chaque homme que nous sommes, cette fête fait état de cette prévenance.
Et deuxièmement, ce n'est pas simplement cette histoire comme je viens de le dire de Dieu précédant, mais ne contraignant pas notre liberté, mais c'est également l'idée qu'il y a en nous une orientation naturelle qui nous porte vers Dieu. C'est ce que dit la Genèse quand elle dit que l'homme est fait à l'image de Dieu. Mais, il y aurait une sorte de réponse humaine qui est de travailler à cette ressemblance. Il y aurait une donnée de fait qui fait que nous sommes faits pour nous orienter vers la rencontre de Dieu, et nous devrions souffrir de cette distance qu'il y a entre Dieu et nous, mais cette distance nous permet d'œuvrer à la ressemblance, d'œuvrer à cette retrouvaille, cette réconciliation.
C'est cela qu'à travers cette Présentation, Dieu dit à chaque humanité : elle est faite pour me rencontrer, elle se lamente d'être loin de cette rencontre et elle signifie son désir de loin, se lamentant d'avoir été rejetée dans ces régions désertiques, loin de Dieu.
Que cette première consécration qui n'est pas un point final à la vie de Marie, mais qui n'est que l'inauguration, nous aide à découvrir en chacun de nous ce que Dieu inaugure à chaque instant : la rencontre qu'Il lui presse d'effectuer pour nous étreindre davantage. Il nous reste alors à chacun de nous, d'y consentir toujours plus profondément.
AMEN