BIENVEILLANCE DIVINE

Si 24, 10-17 ; Lc 1, 46-55
Présentation de la Vierge Marie - (21 novembre 1994)
Homélies du Frère Jean-François NOEL

 

N

ous ne célébrons pas le mouvement volon­taire qui pousse Marie encore enfant à se présenter au Temple mais cette anticipation de la grâce dans notre vie. Nous sommes toujours précédés par la bienveillance de Dieu et c'est d'ail­leurs ce trait qui est souligné dans le Magnificat que nous venons d'entendre dans l'évangile de Luc. "Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur parce qu'Il a jeté les yeux sur son humble servante."

Marie reconnaît dans sa vie la présence de Dieu et cette présence la fait tressaillir de joie. Elle reconnaît Celui qui avait déjà jeté les yeux sur elle, elle reconnaît cette prévenance, cette présence, avant même qu'elle en ait conscience, cette présence de Dieu qui déjà la choisissait et qui avait fait de Marie celle qui ouvrirait la porte de l'élection qu'elle va chanter dans le Magnificat. C'est pourquoi, partant de cette reconnaissance de Dieu qui existe en elle, elle étend son allégresse à toutes les générations passées, présentes et à venir, qui reconnaîtront en elle cette bienveillance permanente de Dieu pour chaque homme. C'est pourquoi toutes les générations diront de Marie qu'elle est bienheureuse car elle nous a ou­vert la porte, elle nous a ouvert les yeux sur Celui qui, avant nous, nous a reconnus et aimés. C'est pourquoi, partant d'elle une nouvelle fois, elle étend cette recon­naissance sur toutes les générations mais elle l'étend encore à Dieu le Père Lui-même, en reconnaissant qu'ainsi Celui qui l'avait choisie est saint, que cette miséricorde ne touche pas seulement ce qu'elle est, mais tous les hommes et toutes les femmes, tous ceux qui le reconnaissent et qui "craignent" au sens bibli­que du terme, qui craignent son Nom.

Alors le Magnificat déploie toute la force, toutes les caractéristiques de Dieu qui déploie sa mi­séricorde au travers des âges, en écrasant ceux qui se refusent à Lui, en faisant descendre les puissances trop humaines et en donnant à manger à ceux qui ont faim, et en rassasiant les pauvres.

C'est une promesse que Marie vérifie dans son propre être. C'est pourquoi, en fêtant cette Pré­sentation, nous fêtons plus encore la présence têtue et obstinée de Dieu en chacun de nous, qui a toujours été avant nous, en précédant chacun de nos actes et de nos événements, même si nous ne pouvons reconnaî­tre cette grâce qu'après coup, quand nous relisons notre propre vie ou que nous essayons de discerner les traces de Dieu.

En cette mémoire de la Présentation de Marie, nous sommes devant cette anticipation de Dieu qui nous a précédés et ainsi nous ouvre le chemin de sa propre grâce. Demandons à Marie d'intercéder pour nous afin que nos yeux et notre cœur s'ouvrent à cette grâce prévenante et toujours présente.

 

 

AMEN