HUMILITÉ DE LA SAINTETÉ
2 Co 4, 6-14 ; Mt 10, 24-33
St Mitre - (13 novembre 1982)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

Champs de blé à Hagnonne
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"Il n'est rien de caché qui ne sera un jour dévoilé " Frères et soeurs, lorsque nous fêtons un saint, nous célébrons précisément cette parole. Ce qui est mystérieux, dans la destinée de chaque homme, c'est que ce qui est le plus précieux en lui, ce qui lui est donné de plus grand, de plus beau, cela est caché au fond de lui. Et parce que nous-mêmes nous n'avons qu'un regard tout humain sur toute chose et sur nos frères, la plupart du temps, nous ne savons pas lire, nous ne savons pas voir ce mystère caché au fond de chacun d'entre nous. Nous ne savons pas pressentir toutes les richesses de la grâce qui ont été déposées par le Seigneur au fond du coeur de chaque homme. Et c'est bien cela la tristesse. Comme le disait Bernanos, "la seule tristesse, c'est que nous ne soyons pas des saints !" Mais il faut dire aussi que la seule tristesse, c'est que nous ne sachions pas lire la sainteté qui est dans le cœur de chaque être. Le grand encouragement dans l'évangile que nous recevons aujourd'hui c'est précisément que le Christ nous dit, au fond, Il sait bien qu'avec nos yeux d'homme nous ne verrons jamais véritablement sur cette terre resplendir la sainteté de chaque être, mais en réalité, un jour cette sainteté apparaîtra au grand jour. Ce que le Christ est venu enfouir dans la terre, voilà qu'un jour cela pousse et lève et donne du fruit, cent pour un. Ce que le Christ a déposé au creux de l'oreille de ses disciples, voici que cela a retenti à travers toute la terre. Ce que le Christ a caché au coeur de chacun d'entre nous, petit à petit, cela brille et se manifeste aux yeux de tous les hommes. C'est ce que nous célébrons aujourd'hui, en fêtant saint Mitre. Nous célébrons ce saint qui, dans l'humilité, a été un serviteur de Dieu, un serviteur de ses frères, d'une manière extrêmement cachée, obscure et souvent méprisée. Mais s'il est devenu véritablement dans la gloire de Dieu, il a été dévoilé tel qu'il était, tel que Dieu l'avait aimé déjà sur cette terre sans que nous le sachions. Et sa splendeur resplendit sur nous aujourd'hui. Et aujourd'hui, en baptisant Julien, c'est la même chose qui va s'accomplir. Invisiblement, la grâce de Dieu va être déposée dans le cœur de cet enfant. Et le sens de sa vie, ce sera qu'au jour le jour, cette grâce, ce resplendissement de la gloire de Dieu dans son être, prendra sa véritable dimension et donnera à cet enfant de grandir dans le Christ. Cela c'est notre espérance, c'est notre foi. Que chacun d'entre nous est dans la main de Dieu et qu'il est un mystère. Mais en même temps le Christ nous met en garde en nous disant : "Attention ! Ne craignez pas ceux qui peuvent atteindre le corps. Ne craignez pas ceux qui peuvent atteindre l'extérieur mais ceux qui peuvent jeter le corps et l'âme dans la géhenne !" c'est-à-dire que ce dépôt, ce trésor qui est déposé au fond de notre cœur est quelque chose d'infiniment fragile et qu'à tout moment dans notre existence, cela peut être blessé, cela peut être détruit, cela peut être anéanti par notre péché, par notre dureté de cœur. Et bien, demandons aujourd'hui, en cette eucharistie, que le Seigneur fasse grandir la sainteté de son Église, peut-être dans les cœurs où nous nous y attendrions le moins, peut-être dans les régions de notre cœur où nous nous y attendrions le moins. Qu'en même temps, le Seigneur nous protège de tout ce qui peut miner et détruire ce fond de notre cœur, pour qu'y resplendisse la vérité de son Salut et la victoire de sa Résurrection sur la mort et sur le péché, dans le monde et en nous. |
AMEN