LE DÉFENSEUR DE LA FOI
2 Tm 1,6-14 + 2 Tm 2, 1-3 ; Lc 22, 24-32
St Léon le Grand - (10 novembre 2008)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL
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rères et sœurs, cette page d'évangile de saint Luc s'applique parfaitement au pape saint Léon. Jésus dit à Pierre : "J'ai prié pour que ta foi ne défaille pas. Affermis tes frères".
C'est le premier aspect, le plus important sans doute de l'œuvre et de la vie de saint Léon le Grand, car c'est lui qui a permis à l'Église au Concile de Chalcédoine, d'affirmer dans toute son exigence et sa totalité, sa foi dans le Christ. Le Christ est le Fils de Dieu et en même temps, il est devenu dans le sein de Marie, fils de l'homme. C'est une difficulté de notre foi, car comment Dieu peut-il être en même temps un homme ? Il y a toujours eu des hérésies qui ont cherché à simplifier ce mystère de notre foi. Les hérésies sont toujours des moyens de rendre la foi plus simple, mais du coup, elle est moins profonde et moins vraie.
Certains ont dit que Jésus était tellement homme qu'il n'était que le lieu d'habitation de l'Esprit de Dieu. Au fond, Jésus n'était que ce que nous sommes, des enfants de Dieu qui ne sont que des hommes que Dieu a choisi pour être ses enfants. D'autres au contraire ont dit que Jésus était tellement Dieu que son humanité était absorbée dans sa divinité. C'est cette deuxième erreur qui a été combattue par le Concile de Chalcédoine, car une tendance qui se faisait jour surtout dans l'Église d'Alexandrie et dans les milieux monastiques de la haute Égypte, pensait que Jésus était tellement pleinement Dieu, que son humanité se dissolvait dans sa divinité et que tout en lui était divin, ce qui nie le mystère même de l'Incarnation, puisque pour nous sauver, Jésus a voulu être semblable à nous, notre frère, en tout semblable, sauf le mal. Cela ne veut pas dire qu'il n'est pas en même temps pleinement Dieu. C'est pourquoi ce Concile de Chalcédoine a affirmé solennellement que l'unique personne divine du Verbe vivait en deux natures, la nature divine que le Verbe a de toute éternité, et la nature humaine, totalement humaine qu'il a reçue dans le sein de Marie.
Cette vérité de la foi qui a été proclamée par le Concile de Chalcédoine, c'est le pape Léon le Grand qui l'a lui a transmise par une lettre qu'il a écrite à l'évêque Flavien de Constantinople qui présidait ce Concile, et dans laquelle saint Léon a défendu la totalité de notre foi en un Christ qui est pleinement Dieu et pleinement homme. En même temps dans ce texte de l'évangile que nous lisions tout à l'heure, le récit commence par une contestation entre les disciples qui veulent tous être les premiers, et Jésus leur affirme qu'il est parmi eux celui qui sert.
Je voudrais simplement vous lire quelques phrases d'une lettre de saint Léon le Grand pour l'anniversaire de son ordination épiscopale, de sa charge pontificale puisqu'il est évêque de Rome, et dans laquelle il insiste sur le sacerdoce non pas des évêques ou des prêtres, mais sur celui de tous les fidèles ce qui correspond bien à ce que vient de dire Jésus, il est comme celui qui sert. "Dans l'unité de la foi et du baptême, nous constituons une société sans classe mes frères biens-aimés. Nous avons tous une même dignité comme le dit l'apôtre Pierre : vous aussi soyez les pierres vivantes qui servent à construire le temple spirituel et vous serez un sacerdoce saint, une nation sainte, un sacerdoce royal, vous serez le peuple qui appartient à Dieu. Tous ceux en effet qui ont été régénérés dans le Christ, le signe de la croix en fait des rois, et l'onction de l'Esprit Saint les consacre comme prêtres. Ainsi, en dehors du service particulier de notre ministère, tous les chrétiens qui vivent selon l'Esprit et selon leur vocation doivent se reconnaître comme participant pleinement à la race royale et à l'office sacerdotal".
Que ce grand évêque de l'Église nous fasse comprendre en profondeur comment nous avons la même vocation, et très particulièrement, cette vocation de découvrir, de ruminer et de rayonner la foi.
AMEN