OPTIMISME ET FOI

2 Tm 1,6-14 + 2 Tm 2, 1-3 ; Lc 22, 24-32
St Léon le Grand - (10 novembre 2001)
Homélie du Frère Yves HABERT


H

ier nous avons fêté la dédicace de la cathé­drale du pape, de saint Jean de Latran, au­jourd'hui nous fêtons un de ses plus illustres habitants, saint Léon le Grand, pape au cinquième siècle. Un grand pape à mon sens, parce que c'est une sorte de défenseur, un bretteur, quelqu'un qui va monter au combat, quelqu'un qui ne va jamais se lais­ser saisir par ce qui l'entoure, mais au contraire qui va toujours chercher à défendre les petites choses, et si je l'aime, c'est parce que c'est un homme optimiste. Un pessimiste n'ira jamais chercher à défendre les choses qui s'en vont à leur perte, mais l'optimiste croit encore à la valeur des choses, à la valeur de ce qui lui est proposé, à la valeur du monde, et le monde a toujours cette épée de Damoclès sur lui, cette crainte que je ressens toujours, cette crainte qu'on le mésestime. Saint Léon le Grand n'a pas cette mésestime. Il va bien sûr être assez redoutable contre les pélagiens, les manichéens, défendant la grâce de Dieu, défendant cette gratuité de Dieu, de son salut qui opère la gran­deur de l'Incarnation Il va aussi défendre la foi de l'Église, cette foi de l'Église qu'on avait proclamée solennellement en 431 à Ephèse quand on avait dit que Marie était véritablement Mère de Dieu, qu'elle n'était pas seulement la Mère de Jésus, seulement la Mère de l'humanité de Jésus, mais qu'elle était aussi Mère de Dieu. Et comme en contre-coup de cette dé­finition de Marie Mère de Dieu, il y a en 451, vingt ans plus tard, un moine sûrement un saint moine, un mystique, quelqu'un qui ne s'attarde peut-être pas forcément à toutes les réalités humaines, mais qui va dire que si Marie est Mère de Dieu, il faut en tirer les conséquences, et que l'humanité de Jésus n'a pas vraiment de poids, car elle aurait été comme absorbée dans la divinité, et que cette humanité de Jésus n'a pas le droit au respect, comme sa divinité. Saint Léon le Grand va défendre les deux natures du Christ vérita­blement homme et véritablement Dieu. Il va défendre, et quand saint Léon aura parlé, c'est Pierre qui aura parlé, il va véritablement défendre la grandeur de l'humanité du Christ. Cet homme optimiste va prêcher sur le mystère de Noël de l'Ascension, il va dire toute la beauté de l'humanité du Christ. Pourquoi ? Parce que ce qui a été assumé a été sauvé. Il va prêcher sur la vérité de cette Incarnation, car s'il n'y a pas vrai­ment Noël, si véritablement Dieu ne s'est pas fait homme à Noël, à ce moment-là, c'et tout le monde qui risque d'être mésestimé. C'est tout qui part et s'effilo­che. La fête de Noël est une fête optimiste pour notre monde, une fête qui nous dit la vérité et la beauté de notre monde.

Et quand il faudra défendre encore une fois, la ville de Rome contre Attila en 452, Attila qui était ce chef dont on a tous appris l'existence sur les bancs d'école, Attila qui était parti déjà depuis longtemps et qui est aux portes de Rome et l'assiège, Valentinien III, l'empereur de l'époque tremble, il ne sait pas qui envoyer. Et l'on va envoyer le pape avec ses diacres, c'est une image assez belle, les diacres en grande te­nue avec un pape pour aller rencontrer Attila, le chef des Huns. Attila sans doute sera flatté d'avoir une telle entrevue avec un pape, mais sans doute que si Attila renonce à envahir Rome, à la suite de cette entrevue, s'il accepte simplement qu'on lui vers un tribut, c'est qu'Attila et vieux et qu'il court déjà depuis plusieurs années, et qu'il peur que Martien, l'empereur de Constantinople le prenne à revers, et en fait, il a envie de mourir sur ses terres.

Il y a cet homme, ce défenseur, celui qui avait déjà défendu la foi pour garantir cet amour de Dieu pour notre monde, et là encore, aux portes de Rome, pour aller rencontrer l'envahisseur, pour aller rencontrer celui qui était comparé au diable à l'épo­que, sans doute, et pour parlementer avec lui.

Demandons à saint Léon le Grand d'avoir ce même goût, ce même optimise sur toutes les réalités de notre monde, d'avoir ce goût, cet optimisme, pour être aussi comme lui, des défenseurs, des bretteurs, des gens qui montent sur la brèche, sur les remparts pour être aussi les défenseurs de notre monde et de la foi.

 

 

AMEN