LE VRAI TEMPLE
1 Co 3, 9-17 ; Jn 2, 13-22
Dédicace de St Jean de Latran - (9 novembre 1983)
Homélie du Frère Michel MORIN
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e premier temple que Dieu avait construit, qui avait été façonné non pas par des mains humaines, mais selon le désir de son cœur, c'était l'homme lui-même, cet homme qui, dans son corps, dans sa chair vivait du souffle et de la présence divine.
Mais, à l'exemple du temple de Jérusalem, ce temple de la personnalité, de la personne humaine avait été envahi par toutes sortes de commerces qui n'avaient rien à voir avec le commerce intime que Dieu voulait établir avec chaque homme, celui de la réciprocité de son amour, de sa vie et de sa tendresse. Par le péché, par le mal sous toutes ses formes, nous avons laissé envahir le temple de Dieu que nous sommes par tout ce qui n'est pas de cette relation que Dieu avait voulu créer avec nous. Et nous avons fait de notre humanité, qui était réservée pour être le sanctuaire de Dieu, nous en avons fait "un repaire de voleurs" selon la parole même de Jésus, désignant tous ces gens venus pour raisons d'intérêt financier ou de brigandage, s'installer dans le Temple à l'endroit même où Dieu devait vivre et où l'homme devait prier, c'est-à-dire s'établir dans cette relation intime et personnelle, et continuelle avec son Dieu.
Et les apôtres, témoins de ce geste de purification, de restauration que Jésus a opéré dans le temple, les apôtres se rappellent cette parole : "Le zèle de ta maison me dévorera." Le zèle qui a dévoré le Christ, ce n'est pas d'abord son zèle pour une maison de pierre. C'est le zèle pour cette maison que Dieu avait construite et qui était le corps de l'homme, qui était la chair de l'homme. C'est pour cela que le signe qu'Il va donner, ce n'est pas un signe de pierres reconstruites et restaurées, mais un signe selon la chair, cette chair qu'Il est Lui-même, car c'est Lui le Temple nouveau, le temple qui n'a été atteint par aucun mal et qui est entièrement pur de cet amour, de cette relation, de cette tendresse avec Dieu. Et c'est "en ressuscitant selon la chair" qu'il manifestera qu'il vient restaurer la chair de l'homme comme étant le temple unique, le temple premier et le temple définitif dans lequel Dieu veut habiter, dans lequel il veut faire sa demeure.
Et aujourd'hui, si les hommes construisent des églises de pierre, ce n'est pas parce qu'ils ont inventé cette architecture, c'est parce qu'ils ont su recevoir dans leur cœur ce que Dieu tissait, ce que Dieu brodait dans leur chair, dans leur amen dans leur cœur, depuis que le Christ était ressuscité d'entre les morts.
Voici ce que prêchait l'évêque saint Césaire d'Arles, à propos d'une célébration de la dédicace de sa cathédrale : "Le Christ nous a rachetés, alors que nous étions la demeure du mal. Ensuite nous sommes redevenus la demeure de Dieu. Dieu a daigné faire de nous sa demeure. Par conséquent, frères très chers, si nous voulons célébrer dans la joie l'anniversaire de la dédicace d'une église, nous ne devons pas détruire en nous par le mal, les temples vivants que Dieu a construits. Et je dis cela pour que tous puissent comprendre, chaque fois que nous venons à l'église, nous devons préparer notre âme pour qu'elle soit telle que nous voulons trouver cette église. Tu veux trouver une basilique brillante, ne souille pas ton âme par le péché. Si tu veux que la basilique soit éclairée, et Dieu le veut aussi, que sa lumière en nous et Celui qui est aux cieux sera glorifié. De même que tu veux entrer dans cette église, Dieu veut entrer dans ton âme comme Lui-même l'a dit : "J'habiterai et je marcherai au milieu d'eux".
AMEN