LA SAINTETÉ EST COMMUNION
2 Co 6, 3-10 ; Jn 15, 1-8+11-16
SS. du diocèse d'Aix et d'Arles - (8 novembre 2008)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL
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rères et sœurs, nous célébrons aujourd'hui la fête de toute la famille de notre diocèse. En effet, on n'est pas chrétien chacun pour soi, seul, on est chrétien en communion, en communauté. C'est pourquoi Jésus nous dit que nous sommes avec lui une vigne avec de nombreux sarments, mais qui ne peuvent pas vivre seuls, qui ne peuvent vivre qu'en communion avec les autres sarments hantés sur le même cep, le Christ.
Nous sommes l'Église d'Aix et d'Arles. Nous faisons partie de cette famille qui depuis des siècles, se réunit dans la foi, autour de Jésus-Christ, dans ces églises, celle d'ici et dans toutes les autres églises de cette ville. Famille aussi dont certains membres fréquentent moins les églises, mais qui sont chers à notre cœur et qui font partie à travers nous de cette communion ecclésiale.
La vie chrétienne c'est une vie dans laquelle nous intercédons les uns pour les autres. Nous ne sommes pas simplement préoccupés par notre salut personnel, nous portons tous les fardeaux les uns des autres. Dire que notre prière instante, notre désir est celui que tous nos frères soient sauvés, que tous nos frères puissent parvenir à la rencontre avec le Christ et à la plénitude de la vie. Nous ne pouvons pas être dans la paix tant qu'un seul de nos frères s'éloigne de la vie et s'éloigne du Christ. Cela ne veut pas dire que nous devons harceler ce frère pour qu'il revienne dans le chemin, mais nous devons porter sa vie, ses épreuves dans notre cœur et notre corps. Nous devons nous présenter devant Dieu non pas seulement avec nos propres besoins et nos propres désirs, mais avec tous les besoins de tous nos frères.
Je faisais allusion tout à l'heure à ces frères chrétiens qui ne viennent pas régulièrement dans notre église, ou dans une autre église, ils font partie certainement de la famille des chrétiens du diocèse, mais c'est vrai qu'ils ne perçoivent peut-être pas suffisamment clairement la nécessité de ce regroupement, de cette communion en actes, de ce partage que nous essayons de vivre les uns avec les autres dans la célébration de ces sacrements, particulièrement de cette eucharistie. Dans l'eucharistie, nous venons chacun recevoir au plus intime de nous-même la présence du Christ dans son Corps et dans son Sang. Mais n'oublions pas que notre frère à côté de nous lui aussi reçoit cette présence du Corps et du Sang du Christ au plus profond de lui-même et qu'être ainsi transformés en présence du Christ, nous unit de la façon la plus intime, la plus profonde, la plus décisive avec ce frère qui lui aussi est transformé par la présence du Christ.
Communier, c'est nous unir au Christ, mais communier les uns en même temps que les autres, c'est nous unir les uns aux autres. C'est le principe même de notre salut et de notre vie.
A travers l'histoire, nous sommes ainsi reliés les uns aux autres par cette prière, par cette transmission de la foi, par cette charité qui constitue la communion des saints, un mot ancien qui veut dire que tous les chrétiens sont en communion les uns avec les autres, et que tout ce que chacun fait vaut aussi pour ses frères. Qu'à travers les siècles nous nous sentions portés par cette grande vague de la sainteté, souvent méconnue, souvent inconnue, car la plupart de nos frères qui sont saints n'ont pas été canonisés, mais ont vécu cela dans l'humilité et le secret de leur cœur. Laissons-nous porter par cette grande vague et participons nous aussi à cette richesse de la sainteté de Dieu qui se répand en nous et à travers nous les uns sur les autres.
AMEN