LES SAINTS DE NOTRE DIOCÈSE
2 Co 6, 3-10 ; Jn 15, 1-8+11-16
SS. du diocèse d'Aix et d'Arles - (8 novembre 2007)
Homélie du Frère Bernard MAITTE
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'est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruits. Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite". Ces paroles, Dieu, en son Fils Jésus-Christ nous les adresse à nous aujourd'hui.
Dieu veut que sa gloire demeure en nous, Il veut que sa joie soit en nous, pour que tous ensemble, avec lui, la joie soit parfaite. C'est donc un bel événement que de célébrer la fête de tous les sains d'Aix et d'Arles. Pour quelle raison ? Parce que cela nous dit encore plus précisément la proximité de Dieu, le fait que son salut n'est pas un désir de sauver l'humanité entière ce qui nous fait parfois penser qu'il s'agit d'une réalité générale, un peu trop englobante dans laquelle ce que nous sommes est oublié.
Cette fête aujourd'hui peut nous aider à mieux comprendre ce salut s'il est universel, il se dit toujours dans la réalité particulière comme pour l'Église elle-même, qui, parce qu'elle est catholique ne se dit jamais que dans la réalité de ceux qui se rassemblent au nom du Christ. C'est pourquoi dans nos Églises particulières, dans notre Église d'Aix et d'Arles, réside toute l'Église catholique comme d'ailleurs réside toute la gloire et la sainteté que Dieu veut pour chacun de ses membres. Fêter ainsi les saints connus ou inconnus de notre diocèse c'est dire ce très grand amour, cette présence particulière de Dieu à chacun. Cette proximité n'est pas simplement dans une histoire passée ou quelques-uns ont été appelés à la sainteté. Il est vrai que le diocèse d'Aix et d'Arles peut s'enorgueillir très certainement d'avoir une longue histoire religieuse et qu'à travers des figures si symboliques des saintes Maries de la mer, sainte Marthe, même si cela a été une volonté de se rattacher tout particulièrement avec saint Trophime, à travers ces personnages du Nouveau Testament, au fait que dès l'origine, cette terre de Provence a voulu accueillir le message évangélique, c'est un message qui se poursuit et se perpétue et se continue aujourd'hui.
La figure des saints de cette terre de Provence est présente au milieu de nous à travers des personnes que nous côtoyons, qui sans le savoir, sont peut-être encore plus porteuses de cette beauté, de cette gloire et de cette sainteté à laquelle chacun de par notre baptême, nous sommes appelés. Ainsi, on aimait dire qu'il y avait l'Église militante et l'Église triomphante. L'Église militante aurait été celle qui dans ce monde avec beaucoup de difficultés et de souffrance, avance tant bien que mal pour vivre dans un monde qui lui est parfois hostile. L'Église triomphante était celle qui était comme déterminée dans la communion du ciel, du paradis, réalisée pleinement avec ceux qui avaient enfin rejoint Dieu. Cela fait penser à une sorte de séparation. Or, nous ne sommes pas en train de fêter des élus qui ont rejoint Dieu et pour avoir quelques liens ou relations avec eux, de temps en temps dans une célébration, nous serions en train de prier avec eux ou pour eux, ou de leur demander quelque bénéfice de leur propre sainteté. Ce que nous célébrons aujourd'hui c'est justement ce que dit Jésus dans l'évangile : "Pour que ma gloire soit en vous, que ma joie soit en vous". Ce n'est pas dans un avenir plus ou moins lointain, chacun d'entre nous est appelé à la sainteté, c'est dans le présent que cette gloire de Dieu doit se réaliser et doit se vivre. C'est ainsi qu'il faut comprendre que ce qui est beau dans l'Église, c'est ce triomphe de la gloire de Dieu dans nos cœurs, cette réalisation du salut, de sa pleine lumière et de sa présence dans nos vies dont nous constatons souvent qu'elles sont limitées certes et médiocres, mais c'est bien cela aussi l'expérience du salut.
La véritable gloire de Dieu c'est la sanctification de l'homme. Ainsi la liturgie ou le culte que nous rendons à Dieu n'est pas d'abord de lui faire des prières, mais c'est de pouvoir accueillir le don de sa vie et de sa grâce. Les sacrements sont là comme les premiers signes de cette sanctification, et la première réalisation de cette glorification de Dieu qui passe par la sanctification des fidèles, des baptisés et ultimement, de tous les hommes.
Reconnaissons en nous-mêmes, c'est cela l'action de grâces, que le salut vient de Dieu et que laissés à nous-mêmes, nous serions vite enfermés dans un monde souvent désespérant, mais que la joie de Dieu c'est de se manifester à nous dans la réalité de chacune de nos existences et de constater que ce merveilleux dessein de salut, cette gloire de Dieu c'est justement d'accepter la communion et la présence de Dieu dans notre vie. Cela se réalise déjà dans cette eucharistie, ce qu'ont réalisé avec encore beaucoup de joie que nous n'en avons aujourd'hui, tous ceux que nous fêtons. Cette joie sera parfaite quand les hommes de toutes races, peuples, langues et nations, et Dieu sait que notre terre de Provence est remplie de tous ces hommes, seront réunis dans la gloire de Dieu, c'est-à-dire dans la communion pleine et entière et alors avec les anges, nous pourrons chanter : "Saint, saint, saint le Seigneur".
AMEN