UNE AFFAIRE DE CONJUGAISON
2 Co 6, 3-10 ; Jn 15, 1-8+11-16
SS. du diocèse d'Aix et d'Arles - (8 novembre 2002)
Homélie du Frère Jean-François NOEL
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n fêtant les saints du diocèse, nous fêtons de multiples histoires singulières, de la façon dont Dieu appelle chacun très personnellement, la façon dont chacun reçoit cet appel de Dieu et puis tous ces appels singuliers se conjuguent ensemble dans ce qu'est l'Eglise, c'est-à-dire, non pas dans la confusion de toutes ces réponses, mais dans l'harmonisation de toutes ces réponses. En fêtant un ensemble des saints comme cela, en fêtant la manière dont une terre entend la Parole et y répond, nous fêtons d'abord chacun qui comme un réceptacle particulier entend cette Parole, le fait fructifier, le fait développer, le fait se réconcilier avec lui-même, harmonise en lui-même sa vie terrestre avec ses mesquineries, ses bassesses, et ses aspirations, et la façon dont ces aspirations se conjuguent avec la présence et la voix de Dieu, et toutes ces premières conjugaisons s'articulent sur une première conjugaison plus importante encore qui est celle de tous les saints de toute cette terre, de la façon dont elle fait corps, chorus, elle fait Église, et puis cette terre de Provence s'accorde avec d'autres terres du monde et de terre en terre et d'histoire en histoire, vous avez ainsi la façon dont l'Église est la réponse, la façon dont elle rassemble.
Quand nous fêtons les saints du diocèse, nous fêtons un appel pour chacun de nous, nous fêtons l'appel dont nous refusons, ou nous n'entendons pas, ou nous ne comprenons pas l'appel qui nous est lancé. En fait, Dieu ne cessera de parfaire son appel, de manière à ce que nous puisions toujours mieux entendre sa voix et sa Parole. En fêtant les saints du diocèse, nous nous fêtons nous-mêmes en potentiel, ce que nous avons à devenir, ce que nous avons à ouvrir, à apaiser, la façon dont nous avons à améliorer notre rencontre avec Dieu. Cette rencontre avec Dieu touche les choses les plus petites, les plus sensibles, les plus pauvres ou les plus ignorées. Rien n'est étranger pour Dieu, rien n'est sale pour Dieu. Quand la mer prend l'ensemble de ces coquillages qui sont au fond de l'océan, c'est pour les broyer, en faire des sédiments, et rien n'est à l'abri. Dieu nous rassemble totalement, et c'est en voulant pudiquement mettre à l'abri des choses qui apparemment ne le concernent pas, du moins pensons-nous, que nous nous échappons et que nous évitons la rencontre avec Dieu. Cette rencontre elle est, ou elle n'est pas, mais elle est totale. Dieu nous appelle totalement avec ce que nous sommes, à le suivre. Ne regardons pas en arrière en prétextant tel ou tel péché, tel ou tel défaut, ils sont peut-être l'occasion rêvée d'un regard plus humble et plus adorateur de Dieu.
Que ce regard nous permette de découvrir la grâce féconde et efficace de Dieu en chacun de nous.
AMEN