DEMEURER DANS L'AMOUR
Ap 2, 18-29 ; Lc 14, 15-24
SS. du diocèse d'Aix et d'Arles - (8 novembre 1986)
Homélie du Frère Michel MORIN
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ous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande !" Ce que le Christ nous commande dans cet évangile, c'est de demeurer en Lui. Ce n'est pas un commandement humain, c'est un commandement divin, une parole qui contient tout le désir de Dieu sur chaque homme, sur chacun d'entre nous. Dieu n'a qu'une volonté, c'est que nous puissions vivre ce pour quoi, nous sommes destinés c'est-à-dire demeurer en Lui, demeurer dans son amour. Et lorsque Dieu nous demande de demeurer en son amour, Il veut nous dire qu'il n'y a pas d'autre demeure que de l'aimer, et c'est cela la sainteté.
Au début de l'épître aux Éphésiens, dans l'hymne sur le mystère du Christ et de l'Église saint Paul proclamait : "Nous avons été élus en Lui dans le Christ, dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l'amour." Cette phrase de Paul est un raccourci extrêmement fort de ce qu'est la sainteté de chaque jour. Elle n'est pas d'abord ce que nous faisons, elle est d'abord le désir de Dieu sur chacun d'entre nous. Et pour aujourd'hui comme pour hier, pour les saints d'aujourd'hui comme pour ceux d'hier, pour ceux de l'Église universelle comme pour ceux de notre diocèse, il n'y a qu'un appel à la sainteté, c'est de demeurer dans cet amour puisque "dès avant la fondation du monde", dès avant notre propre existence humaine, Dieu nous a élus, c'est-à-dire qu'Il nous a choisis et qu'Il nous a aimés, dans son Fils," dans le Christ pour que nous soyons saints et immaculés en sa présence."
C'est cela ce commandement de l'amour, c'est ainsi que nous devenons non plus des serviteurs de la volonté de Dieu, mais ses amis, c'est-à-dire ceux qui partagent son amour. Volonté, amour et sainteté, pour Dieu, sont des synonymes.
Lorsque l'on célèbre les saints de notre diocèse, c'est peut-être une façon plus familière, plus familiale que Dieu nous donne pour nous appeler à cette sainteté. La sainteté des grands saints peut-être nous effraie, et nous nous disons : "C'est bon pour eux, mais c'est trop pour nous." Peut-être, mais on ne peut pas dire cela lorsqu'on célèbre tous ces saints anonymes qui ont habité nos quartiers, ont circulé dans nos rues, nos campagnes, qui ont connu les paysages que nous connaissons. Cette sainteté-là, celle que Dieu aime, c'est la sainteté cachée, c'est la sainteté de ceux qui demeurent dans son cœur, dans ce secret, dans ce mystère. Alors il ne faut pas attendre d'être saint pour commencer à aimer Dieu, autrement nous ne le serons jamais, bien évidemment. Mais c'est en commençant et en recommençant chaque jour à aimer Dieu que nous deviendrons saint. Et l'amour de Dieu c'est de demeurer, jour après jour, en sa présence, en sa présence sainte, en sa présence fidèle, en sa présence miséricordieuse. Dieu disait déjà à Moïse, dans le Deutéronome : "Tiens-toi ici, avec Moi, et je t'instruirai !" Se tenir chaque jour avec Dieu, c'est recevoir cette instruction, ce don, cette volonté qu'Il a pour nous : que nous devenions saints, que nous devenions ses fils.
Que tous ceux que nous célébrons sans les connaître, mais cela est permis dans la communion des saints, puissent, grâce à leur prière, nous aider à connaître cette présence de Dieu, à y répondre et à demeurer avec Lui "saints, immaculés, et sans tâche" puisque tel est son désir d'amour sur chacun d'entre nous.
AMEN