COMME DES CHIENS DE BERGERS

Ac 20, 17-36; Jn 10, 1-16
St Charles Borromée - (4 novembre 2003)
Homélie du Frère Yves HABERT

 

P

our parler de cette belle figure de saint Charles Borromée, cette grande figure de la contre réforme catholique qui suit immédiatement le Concile de Trente auquel il a participé, je reviens rapidement sur cette parabole que nous connaissons bien des brebis, du pasteur, du loup etc … pour es­sayer de traduire comment saint Charles Borromée est ce pasteur selon le cœur de Dieu et comment il a même pu influencer beaucoup de pasteurs qui l'ont suivi.

Nous sommes le troupeau de Dieu, nous somme ce troupeau que Dieu s'est acquis pas son sang, nous sommes ces brebis, ces boucs, ces chèvres, ces agneaux, nous sommes ces chéris du cœur de Dieu. Nous avons voulu goûter à d'autres pâturages, nous nous sommes sauvés, nous nous sommes éloi­gnés très loin et nous avons quitté cette douce compa­gnie de notre pasteur. Il est venu nous chercher, par­fois très loin, Il est venu nous rechercher là où nous nous étions égarés, dans l'hiver, le froid, le gel, la pluie, les épines et les ronces. Et c'est dans cette dé­couverte de l'immense amour pour nous qu'Il est allé nous chercher jusqu'au fond de la mort, que nous ac­ceptons de le suivre, que nous acceptons de nous mettre à son école, à son service, à l'écoute de sa Pa­role.

Si on regarde un troupeau, on ne suit pas le pasteur, car le berger est derrière le troupeau. L'autre jour, du côté du col des Portes, il y avait un berger, mais il était en 4L ! Il suivait son troupeau en 4L. Mais il y a quelque chose que l'on voit à chaque fois, ce sont les chiens. Et si le berger est derrière parce qu'il sait où il conduit son troupeau, le bon berger, c'est là qu'on a cette parole extraordinaire dans le cha­pitre dixième de saint Jean, où "le Père et moi nous sommes un", il sait où conduire le troupeau, parce qu'il sait exactement où le mener, exactement, par cette proximité qu'Il a avec le Père, Il sait où conduire son troupeau. Mais, qu'est-ce qui court devant ? Ce sont les chiens. Les chiens sont une figure des pas­teurs. Les chiens courent autour du troupeau, ils vont rechercher la brebis qui s'est égarée, ils se mêlent au troupeau, ils appartiennent au troupeau, ils ne sont pas à côté, ils ne sont pas surplombant le troupeau, mais ils sont vraiment aussi eux-mêmes, conduits par le pasteur. Ils sont menés vers là où le pasteur veut les mener, ce n'est pas eux qui décident, mais ils appar­tiennent aussi au troupeau, et mêlés ainsi à cette foule des brebis, ils veillent à les conduire le mieux possi­ble.

Saint Charles Borromée a vraiment été de ce genre de chien de berger. Cet homme a participé à l'élaboration finale du Concile de Trente, qui insiste beaucoup sur la sainteté des pasteurs, justement, pour réprimer certains excès où l'on recherchait davantage la fonction pour l'ambition que cela pouvait leur appa­raître plutôt que le service, qui a volontairement mis la sainteté en premier, vivant lui-même dans une ex­trême austérité, prêchant lui-même jusque dans des coins reculés de son diocèse de Milan, aimant cette liturgie, allant jusqu'au point sans doute par admira­tion de saint Ambroise de Milan, un de ses prédéces­seurs, il a voulu conserver la liturgie ambrosienne. Il a créé des émissaires, pour que les chiens de bergers soient bien formés, et donnant sa vie quand il y a une épidémie de peste en partageant la condition des plus faibles. Et tout cela qui fait qu'il a été vraiment ce bon berger pasteur, à l'image du bon pasteur.

Laissons-nous conduire par le Christ, pour nous laisser conduire là où Il veut nous mener, et nous-mêmes aussi comme pasteurs, laissons-nous entraîner comme le troupeau tout entier là où le Christ veut nous conduire.

 

AMEN