MES BREBIS CONNAISSENT MA VOIX

Ac 20, 17-36; Jn 10, 1-16
St Charles Borromée - (4 novembre 1993)
Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

U

n petit élément de réflexion de cet évangile qui éclaire si justement ce qu'est le Bon Pas­teur en la mémoire de saint Charles Borro­mée qui, à la suite du Christ fut un pasteur pour ses brebis.

Les brebis reconnaissent la voix du bon pas­teur. Il y a une sorte de parenté profonde, intérieure entre les brebis qui se savent sans pasteur et la voix du pasteur. Cela me fait penser à des expériences fai­tes sur des hommes et des femmes qui n'avaient ja­mais entendu parler de l'évangile et qui, pour une raison ou une autre, ont eu accès brutalement à cette bonne nouvelle. Quand on les entend, il y a dans leur lecture une découverte que cette voix-là, ils l'avaient déjà entendue, non pas qu'ils la connaissaient mais elle était faite pour eux. La Parole de l'évangile n'est pas une réflexion supplémentaire qui viendrait s'ajouter à des réflexions humaines mais elle semble être un écho profond au désir fondamental de l'homme. En tout cas, il y a une sorte de parenté une familiarité entre ce qu'est notre âme et ce que dit l'évangile. C'est pourquoi aussi nous pouvons vérifier notre réalité de membres de l'Église et de brebis de ce troupeau lorsque cet évangile prend facilement racine en nous et que nous reconnaissons la voix du Bien-Aimé, la voix du Bon Pasteur.

Au contraire, lorsque cette Parole semble nous écorcher et aller à l'encontre de ce que nous sommes, alors nous pouvons réaliser que notre fond est comme troublé, perturbé, n'entend plus clairement cette parole d'évangile. Nous pouvons demander que, à la suite de saint Charles Borromée et de tous ceux qui avec un zèle et une humanité toute donnée à Dieu ont servi l'Église et proclamé la bonne nouvelle, nous soyons, nous aussi, à l'endroit où nous sommes posés, capables de faire entendre clairement cette voix qui est faite pour notre cœur et que d'autres hommes vou­draient bien aussi entendre.

 

AMEN