SAINT CHARLES BORROMÉE
Ac 20, 17-36; Jn 10, 11-16
St Charles Borromée - (4 novembre 1980)
Homélie du Frère Serge JAUNET

Diest : Saint Charles Borromée
|
U |
n évêque de l'Ouest, rentrant d'une longue tournée à travers les paroisses pour une visite pastorale et le sacrement de confirmation disait, avec l'humour qu'on lui connaissait : "On m'a servi partout du mouton !".... Il voulait parler de ce psaume 22 que le Père Gélineau venait de traduire et que l'on chantait dans toutes les paroisses, à gorge déployée : "Tu es mon Berger, ô Seigneur. Rien ne saurait manquer où Tu me conduis." Ces paroisses de campagne, avec leurs prêtres avaient saisi que dans ce psaume qu'elles aimaient chanter, se trouvait quelque chose de très important de la révélation de ce qu'est le Christ pour chacun d'entre nous, et de ce que nous sommes pour Lui. Et vous l'avez entendu dans cet évangile de saint Jean, où le Christ, une fois de plus, se présente comme le Bon Berger Lui qui donne sa vie pour ses brebis. Tous, nous sommes, pour Lui des agneaux, des brebis dont il prend soin.
Si nous voulons, et c'est notre désir à tous je pense, arriver à connaître de Seigneur dont la face demeure cachée jusqu'à notre mort, il nous faut souvent méditer, et méditer encore, sur ces paroles du Christ, sur cette image des réalités : pour nous, Il est un berger et nous sommes son troupeau, le peuple qui lui appartient. Et peut-être, petit à petit, au long de nos vies, nous sera-t-il donné la grâce de saisir, de l'intérieur, après avoir médité des paroles, ce que qu'est qu'un berger pour son troupeau et ce qu'est un troupeau pour son berger.
Si nous lisons cet évangile aujourd'hui, c'est parce que Charles Borromée a été, plus que tout autre dans l'Église qui lui était confiée, l'Église de Milan en plein milieu du seizième siècle, l'image, l'icône de ce Christ berger pour son peuple. Car le Seigneur, après avoir quitté cette terre, a confié à des hommes cette mission d'être encore pour son troupeau les bergers, les pasteurs qui le mèneraient jusqu'aux sources d'eau vive. Et c'est là le ministère des évêques et avec eux celui des prêtres. Charles Borromée, plus que tout autre a donné à son troupeau sa vie, telle que nous le laissait entendre la première lecture où saint Paul nous dit combien il se tenait en prière de jour et de nuit pour que son troupeau arrive à la connaissance du Seigneur et se nourrisse de sa vie chaque jour. Charles Borromée a mis en application tout le positif du Concile de Trente. Il a créé dans son diocèse des réunions pastorales, des synodes. Comme le Bon Berger, il a parcouru, de jour et de nuit son diocèse de Milan pour visiter les paroisses.
En ce jour, prions pour l'Église, prions pour ceux qui, au sein de cette Église, ont encore aujourd'hui la mission d'être ses bergers, prions pour notre évêque, pour les prêtres de ce diocèse, pour notre Pape l'évêque de Rome. Et prions pour que, ce qu'au dernier synode avant de mourir à Milan, saint Charles Borromée disait à ses prêtres : "Prions pour que cela se réalise pour chacun de nous aujourd'hui : "Soucie-toi d'abord de prêcher par ta vie, par ta conduite. Évite qu'en te voyant dire une chose et en faire une autre, les gens ne se moquent de tes paroles en hochant la tête. Tu as charge d'âmes ce n'est pas une raison pour négliger la charge de toi-même. Comprenez, mes frères, que rien n'est aussi nécessaire, pour des hommes d'Église que l'oraison qui doit précéder toutes nos actions, les accompagner et les suivre ".
AMEN