SAINT LUC

2 Tm 4, 6-11 a; Lc 10, 1-9
St Luc - (18 octobre 1980)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

Auvers-Le-Hanon : Saint Luc 

J

e voudrais brièvement tracer la personnalité de saint Luc qui a joué un rôle si important dans la fondation de l'Église dont nous vivons encore aujourd'hui. Saint Luc, c'est tout à la fois le compagnon de Paul, le troisième évangéliste, le témoin privilégié de la miséricorde de Dieu. 

Compagnon de saint Paul, saint Luc, "le cher médecin" dans les Actes des apôtres a consacré une grande partie de son récit aux voyages de saint Paul. Plusieurs passages particulièrement émouvants sont marqués de la présence de Luc aux événements qu'il rapporte. "Nous venons de telle ville ... Nous abordions ..." Il était donc proche de saint Paul, en particulier dans sa montée vers Jérusalem, vers la souffrance, vers la captivité, captivité dans laquelle Luc a été proche de lui, captivité pendant laquelle saint Paul a écrit l'épître aux Colossiens, captivité à Rome également. Saint Luc a donc été le compagnon de Paul dans les moments les plus difficiles, les plus durs, les plus profitables, les plus glorieux, ces moments où la prédication de Paul est passée au témoignage du sang. 

Luc est un évangéliste qui s'est "renseigné". (Il le dit au début de son évangile). C'est grâce à Luc que nous connaissons les événements de l'enfance de Jésus. Dans tous ces passages nous sentons la proximité immédiate des témoins oculaires qu'il a interrogés et il nous transmet leurs paroles qui viennent jusqu'à nous. 

Évangéliste d'une honnêteté intellectuelle, d'un sérieux d'historien, Luc est aussi le témoin de la miséricorde. C'est à lui que nous devons tant de pages d'évangile qui nous révèlent l'infinie tendresse de Dieu, cette douceur de Jésus pour les pécheurs. C'est à Luc que nous devons de connaître la rencontre de Jésus avec Zachée : "Le Fils de l'Homme est venu pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus", l'épisode de la pécheresse qui vient pleurer sur les pieds de Jésus, la parabole de l'enfant prodigue que le Père attend et qu'il accueille en le serrant dans ses bras sans lui faire aucun reproche. C'est à saint Luc que nous devons l'ultime dialogue de Jésus, sur la croix, avec le larron. 

Que notre reconnaissance jaillisse avec plus d'intensité encore à l'égard de saint Luc, par le ministère de qui tant de choses du coeur de Dieu nous ont été transmises ? Si nous n'avions pas l'évangile, comment pourrions-nous rejoindre ce visage du Christ, à travers les siècles qui nous séparent de Lui ? Grâce aux évangiles, nous pouvons en quelque sorte, toucher de nos mains le Verbe de Dieu, nous pouvons prendre avec Lui un contact de personne à personne, et je crois que c'est une grande grâce, une grâce extraordinaire qui nous est faite ainsi. Que nous vivions vraiment cette connaissance qui nous est transmise, en scrutant inlassablement les Écritures, ces évangiles qui nous rapportent ce qui est le plus précieux pour notre vie. 

 

AMEN