UNE PRIÈRE QUOTIDIENNE

Ac 1, 12-14; Lc 1, 26-28
ND du Rosaire - (7 octobre 1993)
Homélie du Frère Jean-François NOEL


L

a dévotion proposée par le Rosaire s'étendit depuis le douzième jusqu'à nos jours. Elle se fonde sur deux idées que je voudrais évoquer avec vous.

La première et la plus importante est que nous avons à être configurés au Christ et que ce travail de configuration doit se faire non pas en des moments exceptionnels mais quotidiennement. Comme l'eau tombe sur un rocher pour y creuser sûrement un trou, cette prière nous aide à creuser en nous, quotidienne­ment, et à façonner en nous, quotidiennement cette configuration au Christ. C'est pourquoi lorsque l'Église a proposé aux fidèles de prier Marie chaque jour en méditant sur les quinze présences de Dieu, les quinze mystères, c'était comme pour s'imprégner cha­que jour, en tous lieux, pas forcément dans une église, de cette présence de Dieu. En proposant ainsi aux fidèles d'évoquer dans leur cœur ou sur leurs lèvres cette présence bienveillante de Dieu, c'était pour les aider à ne jamais perdre de vue, dans le cœur et dans l'esprit, la présence que Dieu donnait de Lui-même lorsque nous récitons notre chapelet. Donc prière quotidienne, que l'on puisse dire en tout lieu, que l'on puisse même dire en travaillant, pour permettre aux hommes et aux femmes de marteler leur vie quoti­dienne de cette présence de Dieu à travers les mots simples que Marie nous donnait et nous livrait.

Deuxième idée : nous n'avançons jamais seul sur le chemin de la foi, de l'espérance et de la charité. Et comme notre foi, notre espérance et notre charité sont toujours affaiblies par notre médiocrité, par notre paresse spirituelle, il faut que nous soyons conduits par des aînés qui, devant nous, ouvrent le chemin de leur propre foi, de leur propre espérance et de leur propre charité. Et ce mystère fondamental de l'Église s'appelle la communion des saints. Et la première qui nous y conduit, mas pas la seule, c'est Marie. Et Marie est le plus sûr chemin, ainsi que tous les saints qui la suivent, pour nous conduire vers Dieu.

Ainsi ces deux idées, la configuration quoti­dienne et patiente de notre vie à celle du Christ et la bienveillance accordée par Dieu en nous donnant des saints qui balisent le chemin vers Lui, nous permet­tent, non seulement dans le Rosaire mais dans toute prière, de reconnaître que Dieu marche devant nous car Il attend que nous lui répondions chaque jour comme Marie l'a fait en ce jour béni : "Je suis la ser­vante du Seigneur. Qu'il me soit fait selon ta Parole !"

 

 

AMEN