LA PLACE DE LA FEMME ?
Ac 1, 12-14; Lc 1, 26-28
ND du Rosaire - (7 octobre 1986)
Homélie du Frère Jean-François NOEL
|
A |
u retour du voyage auprès du Saint Père, je ne puis que partager cette expérience que nous avons eue hier, cardinaux, évêques, prêtres, diacres avec leurs famille, séminaristes. Nous avons prié avec le Saint Père et partagé ensemble une récollection.
Curieusement, pendant cette célébration où nous étions 45 personnes, dont quelques femmes, mais les femmes de diacres ne disaient rien, en tout cas elles n'ont pas plus applaudi que les hommes, je me disais que ça manque sérieusement de femmes et je me demandais comment tous ces hommes qui construisent l'Église, le Saint Père en tête, peuvent continuer à la vivre et à la comprendre comme "l'Épouse du Christ " ?
Et de fait, hommes d'Église, nous vivons ce mystère de l'Église comme un mystère d'épousailles entre l'Église qui est donc femme, et le Christ qui est son Époux. Et en écoutant le Saint Père et les applaudissements nourris des séminaristes, en voyant cet enthousiasme d'une foule qui se trouve réunie en une seule Église par la communion de sa prière, je me disais qu'elle pouvait trouver par Marie et par toutes les femmes, les "saintes femmes" de l'Église ou les saintes qui ont suivi son exemple, qu'elle pouvait trouver cette douceur, cette attention par laquelle cette Église peut être féminine. Je ne rentre pas là dans les débats du féminisme ou du masculinisme, seulement il est vrai que, nous les hommes, nous avons besoin de nous ouvrir à une autre dimension que notre cœur, parce qu'il est masculin, ne peut pas comprendre d'emblée.
Et quelque part, dans le grand dessein bienveillant de Dieu, Dieu a voulu mettre Marie à cet endroit-là, afin qu'elle soit comme le rappel permanent que l'Église vit, avant tout, un mystère de noces, un mystère d'épousailles. Et de fait, si ce sont les hommes qui sont les clercs de cette Église, il n'en est pas moins vrai que la prière de Marie, et à l'exemple de Marie celle des contemplatives, et aussi bien plus forte celle de toutes les femmes du monde entier, il n'en est pas moins vrai que leur prière pèse de leur propre poids dans cette féminité propre à l'Église. C'est ainsi, par Marie, que nous pourrons découvrir et mieux approfondir ce mystère des noces, ce mystère d'épousailles ce mystère profond qui est que Dieu aime tellement l'Église qu'il en a fait son Épouse.
Alors, ayons au fond du cœur ces phrases de l'Apocalypse : "Voici les Noces de l'Agneau ! Son épouse pour Lui s'est faite belle !" Prions pour elle, prions pour cette Église qui, pendant ces quatre jours, a vécu un moment d'intense communion, ce moment où elle a pris davantage conscience qu'elle était une, une seule, une Épouse unique dans les bras de Dieu.
AMEN