AMBASSADEURS DE DIEU
Ap 12, 7-12 a ; Jn 1, 47-51
SS. Michel, Gabriel et Raphaël - (29 septembre 1987)
Homélie du Frère Jean-François NOEL
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force d'être invisibles, les anges que nous célébrons nous paraissent bien lointains. De fait leur métier est de rester invisibles. Toutefois, dans l'Ancien Testament, spécialement dans Tobie, les anciens avaient plus de chance que nous car ils ont pu rencontrer et marcher avec un ange. Nous vivons dans l'absence de ces anges. Certes la peinture les a remplacés, mais cela ne comble pas tellement notre imagination quant à cette armée invisible sur laquelle toute l'Église est d'accord, mais pas tellement sur leur nature ou leur fonction.
Dans l'évangile, il est question des anges, il est question "de voir le ciel ouvert et les anges monter et descendre" comme sur une échelle entre la terre et le ciel. Ce qui est curieux, avec les anges, c'est qu'ils sont toujours prêts à tout, dans ce sens que l'Église les convoque sans arrêt pour ses sacrements et qu'ils sont toujours là à chaque sacrement, que de même ils sont toujours prêts à pénétrer dans la gloire de Dieu. Là encore, vigilance, zèle, sont apparemment l'apanage de l'archange ou de l'ange.
S'ils nous restent comme un peu effacés par rapport à ce qu'ils sont eux-mêmes, je crois qu'ils ont été faits, bien que créatures supérieures par rapport à nous, pour nous montrer Dieu du doigt. En effet, ce zèle, cette vigilance, ce mouvement permanent que nous pourrions peut-être voir si nous avions les yeux de Nathanaël, ce va-et-vient permanent entre la terre et le ciel, cette espèce de ballet, je crois qu'il faut le nommer ainsi, des anges autour de Dieu dans la cour céleste, nous montrent la vigilance et le zèle même de Dieu par rapport à nous les hommes.
Et si nous définissons les anges comme des envoyés, comme des ambassadeurs, comme des permanents de cette cour céleste, c'est pour signifier le regard attentif, soucieux, permanent que Dieu porte sur ce monde et sur chacun des cœurs des hommes. Célébrer les anges c'est vouloir toucher quelque chose d'invisible et à travers ce quelque chose d'invisible, c'est saisir même un cœur de Dieu compatissant et penché de façon permanente sur le monde et sur ce qui se passe dans le monde. Célébrer ces archanges qui sont comme autant de forces, de puissances, de caractéristiques de notre Dieu, c'est célébrer Dieu Lui-même dans sa gloire. C'est pour cela que nous parlons des archanges comme de ceux qui se tiennent prêts à pénétrer dans cette gloire, car ils sont pour nous comme des éclats lancés sur la terre, des éclats de cette gloire de Dieu, de cette gloire qui nous est destinée et que, pour un certain temps, les archanges transportent avec eux, afin de nous la montrer, de nous la signifier.
Prions donc afin que nous soyons sensibles, du point de vue du cœur, à percevoir ces éclats de la gloire de Dieu, à en sentir comme le poids, à en sentir comme la pesanteur qui est ce Dieu penché vers ce monde qu'Il aime tant et qu'Il veut sauver. C'est pour cela que, de façon incessante, vont et viennent les anges et les archanges qui sont ce monde invisible qui cernent comme d'une bienveillance le monde des créatures terrestres que nous sommes et gui signifient, par là, que nous sommes aimés et que Dieu reste penché sur nous.
AMEN