TOUJOURS LÀ !

Rm 8, 28+31-39 ; Jn 19, 25-27
Compassion de la Vierge Marie - (14 septembre 2009)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

Ebreuil : Marie toujours présente

 

F

 

rères et sœurs, je crois qu'au cœur de ce mystère que nous méditons en ce jour, il est bien sûr question de la douleur d'une femme qui perd son enfant, mais je crois qu'il est aussi question de la place que l'Église peut tenir auprès de ceux qui souffrent, auprès de ceux qui sont rejetés, auprès de ceux qui sont exclus de quelque manière que ce soit.

L'extrait de l'évangile que nous avons entendu montre en quelque sorte, et je fais attention aux mots que j'utilise, montre le service que la vierge Marie a eu auprès de son Fils. Rappelez-vous de cette phrase au moment de l'Annonciation : "Je suis la servante du Seigneur", en fait la vierge Marie exerce pleinement ce service au moment de la Passion.

C'est un film qui a été très controversé, ce fameux film de Mel Gibson, La Passion, controversé pour sa violence assez importante, tout ce sang qui gicle, mais ce qui est extrêmement beau dans ce film, c'est la place que le réalisateur a laissé à la vierge Marie. Ce film montre et en fait, c'est la Passion telle qu'elle est racontée dans les différents évangiles, la Passion monte que paradoxalement, si Jésus peut avoir le sentiment qu'il a été abandonné : "Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné", sa Mère, envers et contre tout est toujours là. A chaque instant dans ce film, au moment où d'autres hommes et d'autres femmes abandonnent Jésus, on voit arriver de l'autre côté de la colline au moment où Jésus va être crucifié, on voit arriver Marie, les femmes et saint Jean.

Dans le drame qui est la Passion, le Christ lui-même paradoxalement n'est jamais abandonné par sa Mère qui est toujours présente, toujours là. Bien sûr, les esprits chagrins diront que cela n'a pas servi à grand-chose parce que son Fils est mort crucifié, mais cette image de la vierge Marie toujours attentive et toujours présente auprès de son Fils, c'est l'image de l'Église, servante du Seigneur dont le ministère principal doit être aussi cette attention auprès des hommes et des femmes de ce monde.

L'Église ne choisit pas ses frères et ses sœurs, l'Église ne dit pas que telle personne est chrétienne et que telle autre ne l'est pas, l'Église est cette mère attentive, qui à chaque instant, presque d'une manière butée est là envers et contre tout pour toujours garder le lien avec les hommes et les femmes de ce monde. Bien sûr, parfois nous pouvons avoir le sentiment que le lien est extrêmement ténu, pour ne pas dire absent, mais je crois que l'Église est cette servante de l'humanité pour le Christ Jésus lui-même, attentionnée à savoir toujours tendre la main vers les hommes de ce monde.

Nous l'avons entendu en première lecture, dans le texte admirable de saint Paul, où il dit que la pire des choses, c'est d'être abandonné. La pire des choses, c'est de ne plus avoir ce lien. C'est cela la douleur de notre monde occidental, cette solitude pesante, ce sentiment qu'on est abandonné à nous-même et que rien, ni personne, ni la société ne peut venir nous aider et nous sortir de notre trou.

Je crois, frères et sœurs, que c'est ce que l'Église a annoncé au monde, cette présence maternelle, têtue, toujours là pour tendre la main vers ceux qui se sentent trop souvent exclus et abandonnés. Que cette eucharistie soit pour nous l'occasion de confier au Seigneur, tous ceux qui de quelque manière que ce soit, se sentent abandonnés, que ce soit par l'Église ou par nos institutions.

 

AMEN