DIEU EST LE DIEU DE L'UNIVERS
Lm 1, 21-22 ; Mt 21, 12-22
(11 septembre 2009)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

Dieu Bess : Qui est le vrai Dieu ?
|
F |
rères et sœurs, le livre des Lamentations dont nous lisions quelques lignes tout à l'heure et que nous continuons à lire tous ces jours-ci, ce livre qui est un peu la quintessence de la prédication prophétique de l'Ancien Testament et il marque un tournant extrêmement important dans la prise de conscience morale du peuple d'Israël.
Au début le peuple d'Israël considérait Dieu comme son Dieu, le Dieu qui lui appartenait, un peu comme tous les autres peuples avaient des temples pour leurs dieux. Par conséquent, Israël attendait de Dieu qu'il le défende contre les ennemis qui étaient les méchants et les pécheurs. Petit à petit, Israël s'est rendu compte que ce Dieu n'était pas simplement quelqu'un qui les protégeait, mais qu'il était le Dieu de tout l'univers, le seul Dieu, le Dieu unique. Le rôle de ce Dieu était de punir le péché et de faire régner la justice en récompensant celui qui faisait le bien. C'est ce qui s'est exprimé dans la Loi de Moïse, tout ce qu'on doit accomplir pour recevoir la bénédiction de Dieu. Dès lors, Dieu n'est pas simplement le Dieu du peuple d'Israël, il est le Dieu de toute la terre et son rôle est de défendre les pauvres qui sont attaqués et de juger ceux qui les attaquent et qui les maltraitent.
Ensuite, Israël s'est rendu compte que dans son agir, il n'observait pas la Loi de Dieu. Ce n'est pas seulement les ennemis d'Israël qui n'observent pas la Loi, mais Israël découvre qu'il est pécheur lui-même. C'est l'expérience que le peuple a faite sous les rois qui ont succédé à David à partir de Salomon. Sous ces rois, la tentation a été grande sans cesse pour Israël de retourner à l'idolâtrie, d'écraser les pauvres, de chercher son intérêt, et petit à petit, Israël a pris conscience du fait qu'il n'était pas meilleur que les autres.
Cela a abouti à la ruine de Jérusalem, à l'exil, ils ont été emmenés captifs vers Babylone, et c'est là que se situe le livre des Lamentations. Jérusalem qui est la ville de Dieu, Israël qui est le peuple de Dieu, sont gravement punis à l'égal de tous les autres pécheurs et peut-être même encore davantage : "Le Seigneur dans sa colère a jeté les ténèbres sur la fille de Sion, il a précipité du ciel sur la terre, la gloire d'Israël. Il a abattu les lieux de réunions, il a fait oublier dans Sion les fêtes et les sabbats". Ce qui faisait non seulement la foi et l'orgueil d'Israël mais ce qui faisait son service de Dieu et les fêtes, les sabbats, voilà que Dieu les détruit lui-même parce que le jour du sabbat comme le diront les prophètes, ils battent leurs frères, ils écrasent le pauvre, ils ne respectent pas la Loi. "Le Seigneur a pris en dégoût son autel". C'est la ruine de Jérusalem, c'est l'écrasement du peuple par les ennemis qui ne sont plus pécheurs parce qu'ennemis, mais qui sont la main de Dieu pour punir Israël.
C'est une découverte profonde car il ne suffit pas de faire partie du peuple élu pour être sauvé, encore faut-il accomplir la volonté de Dieu et quiconque accomplit cette volonté sera sauvé, qu'il soit du peuple d'Israël ou d'un autre peuple. C'est la dernière étape que franchira le Nouveau Testament, et c'est ainsi que peu à peu s'est forgée une conscience profonde de notre situation de pécheurs. Nous ne sommes pas des justes à la différence des autres hommes qui seraient pécheurs, nous sommes pécheurs comme les autres, et comme les autres, nous devons répondre devant Dieu de notre péché. Alors viendra ensuite la miséricorde.
AMEN