L'UNIVERSALITÉ DU SALUT

Célébration à Santa Maria in Cosmedin

1 P 5, 1-14 ; Mt 15, 21-28

(4 juillet 2001)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

Santa Maria in Cosmedin

F

rères et sœurs, derrière vous, un groupe de japonais, puis d'italiens, tout à l'heure on aura peut-être encore d'autres nationalités. Il y avait sous l'arc de Titus un groupe d'israéliens, c'est d'ailleurs une rencontre historique, cela s'est mal passé, car le guide en hébreu, a intimé l'ordre de faire marche arrière à un autre groupe devant la ménorah qu'on avait volé à ces juifs de Jérusalem en l'an 70. J'ai fait marche arrière et j'ai accepté de leur laisser la place parce que c'était cet évènement qui marquait le début de la diaspora, le début de leur fuite à travers le monde. Bref il ne m'a pas semblé que les israéliens étaient émus de voir que la ménorah et les tables de la Loi étaient emmenés et cet évènement ne semblait vraiment pas émouvoir ces pèlerins, ces marcheurs du Forum. Je me disais, finalement, on est tous en train de fouler ce sol, ce lieu d'une palpitation étonnante qui est Rome, ce lieu de sang, de Parole qui a tellement modifié la face du monde, en tout cas la Méditerranée (il y a un autre groupe qui entre là ...), que cette ville est devenue vraiment internationale. Au fond, le christianisme dans son souhait de rassembler tous les hommes de toutes races, de toutes langues, nous le voyons se réaliser de telle manière en ce forum en tout cas où à la fois, ils sont tous rassemblés en un seul lieu, et en même temps, en train de rester attachés chacun à sa culture et à sa vision du monde. Rome est cette ville où doit se réaliser la part de cette prophétie eschatologique qui est de rassembler toutes les nations, même si elles n'ont pas conscience finalement dans leur recherche de la mémoire et de l'histoire, que c'est vers un avenir et vers Dieu qu'elles se tournent. Et cependant, il y a une sorte de réussite dans cette vision d'un peuple qui marche et se rassemble.

Une deuxième impression en cette église : rien ne se perd. Ces colonnes qu'on redresse et qui tombent, ces petits Castor et Pollux qui ne servent plus à rien mais qui retrouvent une place dans ces basiliques, ces églises chrétiennes, comme si Dieu avait soin de ne rien perdre de ce que nous avons inventé et vécu, mais qu'Il les restaurerait, qu'Il les reconstruirait pour les orienter de nouveau vers sa Gloire, gloire que les empereurs romains avaient bien cherché pour eux-mêmes et pour leur peuple, et qui finalement était celle Dieu, mais qu'ils essayaient de capter et de retenir.

Nous, nous sommes ce peuple de demain, et qui avons en tête la promesse finale pour toute l'humanité, son salut, et que nous sommes là comme pèlerins, nous devons porter avec nous cette promesse que Dieu a posée en nous et dont nous sommes les porte-parole, les témoins visibles en ce monde, que Dieu a fait pour tous les hommes, qui s'annonce en toutes les langues, en toutes les races, en toutes les nations et qu'il n'en oubliera aucun. Que notre voyage à Rome fasse de nous ces vrais témoins du salut universel que Dieu a promis depuis tous les temps à toute l'humanité qu'Il chérit.

 

AMEN