APRÈS UNE NUIT DE PRIÈRE
Col 3, 18-4, 1 ;Lc 6, 12-19
(17 septembre 2003)
Homélie du Frère Yves HABERT
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e texte des Colossiens que nous avons entendu dans la première lecture, qui parle des enfants, des maîtres, des esclaves, veut traduire cette égalité que nous avons tous devant le Seigneur. Tous, nous sommes saisi par cet amour et tous, comme ces maîtres, nous avons aussi cet horizon de cette fin du Seigneur qui nous appelle à la même gloire. Donc, si ce texte vise toutes les catégories, on pourrait dire que déjà, il y a comme une anticipation à ce que nous vivrons tous.
Une catégorie avait été oubliée et l'on retrouve tous ces malades dans l'évangile, puisqu'ils sont tous auprès de Jésus sur le plateau pour venir le toucher et être guéris. Il y a une sorte de vision assez large qui est proposée dans ces deux lectures, comme pour embrasser toute l'humanité. Mais pourtant, dans cet évangile, Jésus en choisit douze. Il appelle les disciples, mais il en choisit douze. Jésus veut fonder son Église, continuer son œuvre. Pour poursuivre et agrandir son action, l'on pourrait imaginer différentes manières. On pourrait se dire d'abord que Jésus voulant créer une Église, voulant créer quelque chose qui poursuive son œuvre, va d'abord créer une commission, et de cette commission qui s'est réunie, il y a eu des sous-commissions, et celles-ci ont accouché de dossiers, et l'Église s'est arrêtée. C'était la première façon de faire. Une autre façon, l'on pourrait se dire, Jésus a fait Harvard, ou une grande école, et il pense réunir quelques spécialistes du marketing et je vais voir avec eux ce qu'il convient pour adapter le produit "évangile" à ce qui est l'attente de la majorité de la ménagère entre 25 et 45 ans, puisque c'est la cible visée le plus souvent. On pourrait dire aussi, que Jésus étant tellement saisi devant l'ampleur de la mission, et aussi sachant très bien ce qu'il y a dans le cœur de l'homme, qu'il s'est mis à désespérer et à se dire : je n'arriverai jamais à rien faire avec ces hommes-là ! On pourrait dire aussi … et multiplier les façons de voir. Mais ce qui est particulier dans cet évangile, c'est que Jésus choisit douze hommes, douze personnes, douze vivants, après une nuit de prière. Il a passé toute la nuit devant Dieu son Père et les évangélistes prennent toujours soin de dire cela parce qu'il a voulu se placer dans une attitude de gratuité. La prière est essentiellement une activité gratuite. Quand la prière devient donnant-donnant, quand la prière devient marchandage, cela fait longtemps que ce n'est plus la prière. Jésus s'est placé dans cette attitude de gratuité, d'écoute, quand la prière s'est rassasiée de ce monologue intérieur dans la journée cela ne va pas non plus très loin au niveau de la prière, Jésus s'est placé dans une attitude d'abandon par rapport à son Père. Il s'est placé dans cette attitude de confiance, de gratuité, qui ne veut pas non plus évangéliser pour ramener pour une sorte d'efficacité. La prière, c'est le contraire de l'efficacité, la prière c'est vraiment la gratuité, c'est perdre son temps, brûler du temps pour le Seigneur, et crois que si Jésus s'est placé dans cette attitude de la prière, c'est parce qu'Il souhaite justement que Jésus naisse de ce cœur de gratuité, d'abandon au Père, de non-calcul.
Il n'a pas fait appel à son Père comme dans une manière spirite, il n'a pas pris une boule de cristal pour essayer de voir qui étaient les douze personnages qui allaient arriver, mais il s'est placé dans cette attitude-là, et dans confiance au bon vouloir du Père, à la bienveillance du Père, il a choisi alors ces douze personnages, et l'Église a démarré et l'Église continue.
AMEN