SOLIDAIRES DANS LE SALUT
Rm 5, 12-15+17 ; Mt 10, 23-33
(9 août 2002)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

Communion des saints
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rères et sœurs, il y a quelques dimanches, nous avons déjà lu ce texte de l'épître de saint Paul aux Romains. Il se fait, que c'était moi qui prêchait ce jour-là, et ce texte difficile nous apprend que nous ne sommes pas des individus isolés, chacun pour soi, mais que constituons une humanité solidaire, que nous sommes membres les uns des autres comme le dit saint Paul, nous constituons un corps, et de ce fait, la culpabilité ou le salut ne sont pas des événements purement subjectifs, personnels, liés à notre seule action, mais nous adviennent les uns aux autres, les uns par les autres, selon les éléments de notre foi que nous affirmons dans notre credo, qui est la communion des saints. Terme ancien qui ne correspond pas tout à fait à l'usage de notre vocabulaire actuel, puisque cela ne signifie pas les saints canonisés, mais dans le vocabulaire ancien, ce sont tous les croyants, la communauté des croyants.
De même qu'il y a une communauté dans le mal, dans le péché, par cette sorte d'interaction, d'influence, et même de culpabilité que nous nous donnons les uns aux autres, et c'est cela le sens essentiel du texte de saint Paul, il y a une communion dans le salut. Jésus-Christ nous récapitule tous dans l'acte de salut de sa passion et de sa croix, comme Adam notre premier père, nous avait par avance, tous récapitulés dans son refus d'obéir et de suivre la Parole de Dieu.
Nous sommes tous solidaires dans le salut. Cela veut dire que tout acte que nous posons vaut non seulement, individuellement pour chacun d'entre nous, mais vaut aussi pour nos frères. Toute notre prière repose là-dessus. Nous prions, nous agissons, nous offrons, nous souffrons les uns pour les autres. Nous ne sommes pas chacun livrés à nos propres penchants, à nos propres actions, mais d'une manière mystérieuse mais réelle, nous bénéficions les uns les autres de tout ce que nos frères, même dans le secret de leur cœur, accomplissent. Tout acte d'amour que nous posons, n'est pas seulement un acte qui nous bonifie et nous sauve, mais tout acte d'amour que nous posons, aide nos frères connus ou inconnus à s'approcher davantage de cet amour parfait dont ils manquent peut-être, dont tous nous manquons, et cet amour nous avons besoin que d'autres, en quelque sorte, nous le communique, nous le donne. C'est extrêmement important, parce que cela confère à toute notre vie, à toutes nos actions, une responsabilité très profonde. Tout ce que nous faisons ne vaut pas simplement pour nous, mais vaut aussi pour tous nos frères. Et tout acte positif ou négatif que nous posons, entame l'intégrité, ou au contraire restaure l'intégrité de la vie spirituelle de tous nos frères. Tout ce que nous faisons a un rayonnement non seulement perceptible, mais un rayonnement mystérieux, intérieur, secret, parce que Dieu ne nous voit pas comme des individus isolés, mais Il nous voit dans cette sorte de communion qui doit nous unir, qui nous unit et qui fait que nous marchons les uns avec les autres, les uns par les autres vers notre salut, comme nous pouvons aussi les uns par les autres, abîmer notre propre vie.
N'imaginons pas que nous sommes simplement responsables de notre histoire, de ce que nous devenons, et je l'espère de notre propre salut, mais nous sommes responsables les uns des autres. Sachons que l'Église c'est cette communion des hommes les uns avec les autres, cette communion des croyants par laquelle nous nous aidons mutuellement, portant les fardeaux les uns des autres, conduisant chacun de nos frères vers l'accomplissement de sa destinée.
Que nous ne soyons pas simplement juxtaposés, repliés chacun sur soi, mais que nous comprenions à quel point nous sommes ainsi solidaires, nous sommes ainsi en lien très profond, et combien tout ce que nous faisons nous rend responsables les uns des autres, de chacun de nos frères, pour le péché s'il a lieu, mais plus encore pour le salut en Jésus-Christ qui tous nous rassemble et nous récapitule.
AMEN