L'AMOUR QUI INTÉRESSE DIEU
Ct 6, 11-12
(8 octobre 2007)
Homélie du Frère Bernard MAITTE

Le Roucas : Le printemps
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e ne sais, mais mon désir m'a jeté sur les chars d'Aminadib". Lorsqu'on lit la note de la Bible de Jérusalem, on est très bien renseigné : ce verset défie toute interprétation ! Donc je ne me risquerai pas à interpréter ce verset. Il me reste le précédent : "Au jardin des noyers, je suis descendu pour voir les jeunes pousses de la vallée, pour voir si la vigne bourgeonne et si les grenadiers fleurissent."
Dans la théologie spirituelle, le Cantique des Cantiques, a été souvent interprété comme le lien de l'âme, de l'homme, avec l'Esprit de Dieu. Ce que le Christ est pour nous aujourd'hui, le Christ, cet époux de l'Église est déjà signifié en tant qu'homme, même s'il faut faire part à ce qu'est ce Cantique, est déjà signifiée cette relation intime entre Dieu et l'homme. Je dis bien relation intime, car l'histoire religieuse nous apprend que dès que l'homme a compris qu'il était homme et qu'il a voulu avoir une relation avec ce qui le dépasse, qu'il lait appelé les dieux, de tel ou tel nom, ou Dieu, un système de relation s'est mis en place.
Dans le christianisme, peu à peu, à travers tout ce qui a été reçu de la part des juifs, dans la révélation, nous avons compris que c'est vraiment un Dieu qui se révèle et se dit. Il ne se dit pas de manière extérieure, mais Il veut se dire à travers l'intérieur même non seulement de l'histoire générale des hommes, mais de l'histoire particulière de chaque homme. Si nous voulons une relation avec Dieu qui ne nous embarrasse pas trop, où il suffirait de temps en temps d'avoir des actes cultuels ou rituels pour que Dieu soit content, même si nous pensons ou agissons ainsi, Dieu ne peut pas se contenter de cela. D'ailleurs, Il l'a dit par les prophètes: je vomis vos holocaustes, vos sacrifices et vos offrandes je les ai en horreur. Pourquoi ? parce que tant que les holocaustes, les sacrifices et les offrandes ne renvoient pas à la conversion du cœur, à ce qu'est vraiment ouvrir son cœur à quelqu'un, à ce que cela peut signifier que de donner une vie, de dire comme le disent les époux : je te reçois comme époux, je te reçois comme épouse, et je me donne à toi, c'est à cette relation-là que Dieu invite, et tant qu'elle n'est pas cela, le reste ne l'intéresse pas.
Dieu n'est pas intéressé par nos petites religions. Dieu est intéressé par la possibilité d'un cœur noble et généreux, comme on l'a entendu dans l'évangile, il est intéressé par la femme, la magdaléenne d'où il a fait sortir sept démons. Il est intéressé par cette femme, par tel autre qui le suit, comme on l'a entendu dans l'évangile, des femmes qui ont eu le cœur bouleversé. Des apôtres et des disciples qui entendent la Parole, et cette Parole a changé quelque chose dans leur vie. Dieu est intéressé par notre capacité d'aimer, par le désir de notre cœur.
Dieu est intéressé par tout ce qui tisse notre existence, parfois ce que nous considérons comme beau et généreux, et parfois comme ce qui est plus triste, voire même de l'ordre d la souffrance. On peut comprendre alors que Dieu est bien ce Dieu du Cantique : "Au jardin des noyers, je suis descendu". Il s'agit du jardin de notre chair à chacun, "pour voir les jeunes pousses de la vallée, pour voir si la vigne bourgeonne, si les grenadiers sont en fleurs". Savoir en somme que c'est Dieu qui prend plaisir à être en nous, dans le jardin de notre cœur, que c'est Dieu qui prend plaisir à vivre au cœur même de notre existence, quelle qu'elle soit, je pense que cela change tout le problème de la foi en Dieu. Nous croyons au Dieu du Cantique des Cantiques.
AMEN