PROMESSE D'UNE JOIE ÉTERNELLE
Ba 4, 19-29 ; Mt 7, 6-12
(26 juin 2009)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL
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rères et sœurs, le livre de Baruch que nous lisons depuis quelque temps, est une longue confession des péchés du peuple, une longue confession de toutes les circonstances où le peuple choisi, le peuple élu s'est écarté de la Parole de Dieu. N'oublions pas que Baruch est le secrétaire de Jérémie et que tout naturellement son livre prophétique prend la suite de celui de Jérémie. Celui-ci annonçait la déportation à Babylone, la vengeance de Dieu contre son peuple qui l'a délaissé, et le livre de Baruch est comme un écho à cette prédication de Jérémie.
Ce qui est intéressant dans le livre de Baruch, c'est l'approfondissement de cette situation de péché. Il montre comment de génération en génération se transmet cette tentation de s'éloigner de Dieu, de ne pas répondre à son amour par un amour parallèle, réciproque, et donc, de faire venir sur soi la malédiction, l'épreuve, le malheur. Mais petit à petit ce livre de Baruch va s'ouvrir à l'espérance, va s'ouvrir à la promesse de la joie. Ce que nous avons entendu tout à l'heure est précisément ce moment où le livre de Baruch de la pénitence et de la confession des péchés passe à l'ouverture, à la lumière : "Allez mes enfants, je suis délaissée, solitaire, j'ai quitté la robe de paix et revêtu le sac de la supplication". C'est Jérusalem elle-même, la ville de Dieu, la ville choisie qui s'adresse à ses propres enfants.
"Je veux crier vers l'Éternel tant que je vivrai. Courage mes enfants, criez vers Dieu, il vous arrachera à la violence et à la main de vos ennemis". Voilà que ce Dieu qui a puni son peuple à cause de ses péchés, va le racheter, l'arracher aux mains de ceux qui le font souffrir. "Avec tristesse et pleurs, je vous ai vu partir, mais Dieu vous rendra à moi pour toujours dans la joie et la jubilation". Voilà que cette annonce de la joie, de l'allégresse vient transformer le cœur des enfants de Jérusalem. Ils étaient dans l'épreuve, ils étaient dans la peine, et ils découvraient en eux, dans leurs propres péchés la cause de cette épreuve, de cette peine, et voici que maintenant, Dieu intervient gratuitement pour les sauver. Dieu va rendre les enfants de Jérusalem à sa ville sainte, dans la joie et la jubilation.
"Ton ennemi t'a persécuté, mais bientôt tu verras sa ruine, mes enfants choyés vous avez marché par de rudes chemins, enlevés tel un troupeau devant la razzia de l'ennemi. Courage mes enfants, criez vers Dieu car celui qui vous amené ces malheurs vous ramènera en vous sauvant vers la joie éternelle". C'est ce thème de la joie qui va dominer désormais dans la fin du livre de Baruch, telle que nous la lirons dans les jours à venir. Dieu est un Dieu de miséricorde, de pardon, car même si le peuple a péché, car si nous avons péché, Dieu ne nous abandonne pas et de l'épreuve il vient nous sauver et nous rendre la joie et l'allégresse.
AMEN