L'HEURE DE LA GLOIRE
Is 49, 1-6 ; Jn 12, 20-33
Mardi Saint – B
(18 avril 2000)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL
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rères et sœurs, cette pas d'évangile qui se situe immédiatement avant le long dialogue du dernier soir entre Jésus et ses disciples, est comme une sorte de préface, d'introduction, de table des matières de la Passion de Jésus. Trois éléments ressortent de ce texte : tout d'abord, provoquée par la question des grecs convertis au judaïsme, puisqu'ils venaient à Jérusalem pour adorer, et ils s'adressent à Philippe dont le nom grec vient de ce que la Galilée était un lieu de mélange et de races, provoquée donc par cette question des grecs, l'affirmation de Jésus qui ne nous surprend plus, dans l'évangile de saint Jean c'est constant, au moment où va commencer la Passion : "Voici l'Heure où doit être glorifié le Fils de l'Homme". La gloire de Jésus commence dès le commencement de sa Passion, et c'est tout au long de ce chemin de croix, de ce calvaire, que va se déployer la Gloire du Fils unique de Dieu. Et Jésus en donne la raison : "Si le grain de blé ne meut pas, il reste seul, mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruits", c'est ce que nous chantions tout à l'heure. Cela veut dire que la mort telle que Jésus va la subir, cette mort est source de Vie. Toute vie vient de la mort, non pas simplement par une sorte de renversement de situation, mais parce que cette mort, Jésus l'assume non pas en raison de ses péchés et des nôtres, mais en raison de l'Amour par lequel et qui le fait s'identifier si profondément à nous, que toute notre vie, tout notre être, toutes nos fautes, tout ce que nous sommes, Il l'assume, Il le fait sien, Il l'épouse, Il le prend sur Lui et voilà pourquoi sa mort est une mort d'Amour, une mort source de Vie.
Ce sera la même chose pour nous : "Qui aime sa vie la perd, mais qui sacrifie sa vie la conservera en vie éternelle". Tout cela n'empêche pas Jésus d'être pris d'un effroi considérable devant cette mort qui s'avance vers Lui, Il ne la joue pas à moitié, Il ne fait pas semblant de mourir : "Mon âme est troublée, Père, sauve-moi de cette Heure". C'est l'équivalent chez saint Jean de ce que les synoptiques racontent de l'agonie à Gethsémani : "Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi". Et de même que selon les synoptiques toujours Il avait dit : "Non pas ma volonté mais la tienne", de même ici Il dit : "C'est pour cela que je suis venu à cette Heure, Père glorifie ton Fils". Que cette mort qui est l'Heure de la Gloire du Fils de l'Homme soit la Gloire même de Dieu.
Ensuite, dans une image synthétique, Il va rassembler tout le dessein du Père : "Élevé de terre, j'attirerai tout à moi". Élève de terre, c'est Jésus sur sa Croix, c'est aussi Jésus ressuscité montant aux cieux le jour de l'Ascension, c'est un même mouvement qui nous entraîne à sa suite, car Il attire tous les hommes, tout l'univers, toutes choses avec Lui vers le Père. Et ceci, c'est la victoire de la Vie, c'est la victoire de Dieu, c'est la défaite de la mort, c'est la défaite du Prince de ce monde qui est ainsi jeté bas.
Frères et sœurs, nous allons les jours qui viennent, méditer, revivre intérieurement tout ce déroulement de la Pâque du Christ, que nous nous sentions par Lui, entraînés sur ce chemin, pour que nous aussi nous sachions découvrir la vraie Vie à partir de sa mort, et surtout cet amour pour lequel il a accepté cette mort.
AMEN