ENVOYÉ DU PÈRE
Is 42, 1-7 ; Jn 8, 12-29
Lundi saint – C
(9 avril 2001)
Homélie du Frère Jean-François NOEL
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I |
l semblait qu'Il était seul, du moins nous connaissions sa famille, cet homme qui venait de Nazareth, et en s'approchant de Jérusalem, ce qu'Il est, sa personne, son identité se compliquent. Ce que les autres savaient de Lui, même les disciples, ils pensaient en avoir compris l'essentiel, cet homme de Dieu, cet homme en Dieu, cet homme pour Dieu. Et voilà que le discours de Jésus fait référence à un autre, au Père, fait référence à un autre monde, le monde d'en haut, fait référence à l'ailleurs, à l'étrange, ce qui est trop loin des hommes. Ce qui est compliqué c'est d'entendre dans ce discours tout à la fois cette appartenance nouvelle qu'Il déclare plus hardiment, Il appartient au monde d'en haut, Il est un avec le Père comme on l'entendra plus tard, Il est envoyé du Père. Il semble même plus près du Père que des hommes. Et pourtant nous le croyons de notre chair, nous l'avons vu comme étant de notre chair et son appartenance au Père, sa proximité par rapport au Père, l'invisible, le Père c'est l'invisible, la source, semble pour Lui plus évident dans son discours et contrarie ce que nous voyons de Lui. Et pourtant, en même temps que ce discours épouse cette autre origine, Dieu, Il n'en pas moins homme lorsque résolument il se tourne vers Jérusalem pour y subir la Passion.
C'est la contradiction entre ces deux mouvements, ce que Je suis, Je viens de Dieu, Je suis Dieu, et ce que je fais : Je vais vers la mort humaine qui déroute notre regard et notre cœur. Cet évangile que nous venons d'entendre en est comme un écho. Jésus tient en même temps dans sa main cette résolution de subir la mort comme un homme et comme le dernier des hommes, et Il révèle à travers cette résolution ce qu'Il est de plus intime, ce qu'Il est de plus secret, ce qu'il a à dire au monde, qu'il est l'Envoyé, le Fils du Père.
Qu'à travers ces deux mouvements contradictoires, déroutants, nous puissions nous acheminer avec Lui plus avant en le laissant comme devant nous déployer ce désir : "J'ai désiré ardemment manger cette Pâque avec vous". Que ce désir l'emporte sur nos doutes.
AMEN