VIENS

Ap 22, 16-17+20-21 ; Mt 24, 37-51

(26 novembre 2011)

Homélie du Frère Benoît TISSOT

L'espérance du monde à venir

F

rères et sœurs, nous avons entendu en première lecture un des plus beaux passages de l'Écriture. C'est presque le dernier verset de la Bible : "Viens Seigneur Jésus". Cette prière que nous sommes invités à faire chaque jour de notre vie, cette prière de l'intimité de notre vie avec celle du Christ, Notre Seigneur, et je vous confie que lorsqu'on commence dans la vie religieuse, au temps du noviciat, on est tout feu tout flamme, on aime cette prière qui va scander tout ce temps qui s'ouvre ce soir. Pourtant, quand on y réfléchit bien, est-ce qu'on est prêt vraiment à rencontrer ce Seigneur que nous aimons, que nous essayons d'aimer ? Est-ce que nous sommes prêts à cette rencontre pleine de vérité, d'un amour si puissant, une rencontre dont nous ne sommes pas dignes ? Nous pouvons à ce moment-là qu'éprouver de la crainte au bon sens du terme, et d'autant plus quand on entend tous ces évangiles que nous avons lu ces derniers jours et encore celui d'aujourd'hui avec cette manière dont Jésus parle de la venue du Fils de l'Homme, qui va bouleverser notre monde, notre univers, une venue avec fracas, de celui qui vient juger toutes choses à sa lumière même, et peut-être que nous avons peur de ces pleurs et de ces grincements de dents, ce qui est bien normal.

Pour bien comprendre cette parole de l'Écriture, la prière de toute l'Église, la prière de tous ceux qui nous ont précédés depuis la résurrection du Seigneur Jésus, c'est comme dans les romans ou les bons films, pour comprendre ce qui se passe à la fin, il ne faut pas avoir raté le début (peut-être que quand vous lisez un roman, vous lisez le début et puis vous allez voir tout de suite à la fin pour voir comment cela se termine sans lire ce qui se passe entre les deux). Rappelez-vous ce qui se passe au paradis : l'homme a peur de Dieu, il se cache et il n'est plus capable d'avoir cette parole de confiance et d'amour dans le Seigneur quand le Seigneur l'appelle : "Adam où es-tu ?" Adam se cache, il a peur, il va être chassé du paradis, mais à la fin de l'Apocalypse, Adam, l'homme, tout homme, chacun d'entre nous est capable de dire à Dieu, de lui donner cette réponse de confiance, sans crainte : "Seigneur, viens". Maintenant, je suis prêt, parce que tu m'as montré toute la profondeur de l'amour que tu as pour moi, parce que tu es allé jusqu'au bout de l'amour le plus grand, par le mystère de la croix, je suis prêt pour cette rencontre mystérieuse qui me dépasse complètement, cette rencontre je la désire et la demande, et je fais cette prière : "Viens Seigneur Jésus".

C'est une prière qui nous dépasse tellement que saint Jean dans l'Apocalypse dit que ce n'est pas simplement la prière de l'Épouse, ce n'est pas simplement notre propre prière, c'est la prière de l'Esprit de Dieu, l'Esprit et l'Épouse ensemble, nous disons, nous sommes capables de dire, de demander, de faire cette prière avec la force de l'Esprit Saint avec cette confiance qui nous est donnée par Dieu : "Viens Seigneur Jésus". C'est l'Esprit et l'Épouse, c'est nous-mêmes, transformés, mus par l'Esprit d'amour du Seigneur qui devenons capables de dire : "Viens Seigneur Jésus". Je suis cet homme de désir, je suis celui qui a soif, celui qui veut recevoir, l'eau de la vie, gratuitement, viens dans ma vie, viens la prendre avec toi. Viens déjà aujourd'hui. Par cette eucharistie, que la transformation commence pour que la rencontre aujourd'hui soit déjà la rencontre que nous vivrons tous d'une manière totale au jour que Dieu seul connaît.

 

AMEN