Ap 21, 1-7 ; Mt 24, 5-28
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

Cieux nouveaux …
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rères et sœurs, après toutes les catastrophes qui jalonnent l'histoire du monde dont nous parle l'évangile de saint Matthieu, après toutes ces catastrophes qui remplissent notre histoire, de guerre en guerre et de malheur en malheur, il y a cet éclair, c'est ce qui nous est dit, cet éclair qui traverse le ciel : c'est le retour du Christ qui viendra comme la foudre traversant le ciel.
C'est ce même thème que développe d'une manière différente, le livre de l'Apocalypse que nous avons lu et qui est un des plus beaux textes de toute la Bible. En effet, ce texte nous parle de la nouveauté. Dieu est la nouveauté, la nouveauté perpétuelle, il n'y a en Dieu aucune répétition, aucun retour, Dieu est toujours en avant Dieu est infiniment toujours plus loin. Cette nouveauté va se communiquer : "Voici que je fais l'univers nouveau, voici que je fais toutes choses nouvelles". Cet univers qui est renouvelé, c'est d'abord l'univers matériel, il y a des cieux nouveaux et une terre nouvelle. De mer, il n'y en a plus, c'est une allusion à la cosmogonie des juifs. Notre cosmogonie à nous symboliquement représente le ciel comme demeure de Dieu, la terre comme demeure des hommes, et les enfers comme demeure des démons. Pour les juifs, c'est la même chose, à ceci près que les enfers sont désignés par la mer, car ce sont les abîmes de la mer qui sont pour eux l'image des enfers. Voilà pourquoi il n'y aura plus de mer parce que l'univers est nouveau.
S'il n'y a plus de mer, s'il n'y a plus de destruction, c'est parce que "Dieu essuiera toutes larmes de nos yeux". Il n'y aura plus de cris, plus de pleurs, plus de malheurs, parce que Dieu essuiera toutes larmes de nos yeux. C'est l'ultime promesse de Dieu, celle à laquelle nous pouvons nous accrocher, nous tenir, quand nous sommes tentés de désespérer, quand il nous semble qu'il n'y a plus rien qui puisse nous sauver ou sauver les gens que nous aimons. Rappelons-nous cette promesse de Dieu.
La nouveauté de ce ciel et de cette terre c'est aussi la nouveauté de la communauté humaine, de l'Église qui est symbolisée par cette Jérusalem nouvelle qui descend du ciel d'auprès de Dieu. Cette Jérusalem, c'est la demeure de Dieu parmi nous. Dieu a créé le monde, mais ce n'était qu'un monde passager, le monde nouveau, le monde vrai et définitif est ce monde avant tout où nous rencontrerons Dieu. C'est le refrain qui revient tout le temps dans les prophètes : "Ils seront mon peuple et je serai leur Dieu". L'Apocalypse le reprend : "ils seront mon peuple et moi je serai Dieu avec eux, et je serai leur Dieu". C'est cette nouveauté qui est celle de l'humanité transformée, transfigurée et cette nouveauté atteindra chacun d'entre nous.
Le texte de l'Apocalypse nous dit cela aussi : "Celui qui a soif je lui donnerai de l'eau de la vie". L'eau de la vie, c'est le symbole de cette communion intime, profonde, entre Dieu et chacun d'entre nous et nous serons tous désaltérés par le mystère de Dieu. "Je serai son Dieu et lui sera mon fils", voilà la promesse qui dépasse toute imagination, qui dépasse tout ce que nous pouvons désirer, éventuellement attendre, Dieu nous conduit toujours plus loin il nous emmène comme ses enfants, comme ses fils pour que nous partagions sa vie.
AMEN