SEPT ANGES ET SEPT FLÉAUX
Ap 15, 1-4
(20 novembre 1980)
Homélie du Frère Serge JAUNET
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ujourd'hui nous lisons que Dieu annonce l'envoi de sept anges qui vont amener le châtiment sur la terre. Voilà qu'après cette annonce se place une liturgie, le cantique de l'agneau et celui de Moïse qui est chanté par ceux qui ont vaincu, qui, ont été vainqueurs de la bête et de tout le mal dans le monde. De même, au chapitre huitième de l'Apocalypse, nous entendons l'annonce de sept fléaux, de sept trompettes qui annoncent la malédiction pour le monde. Et avant même que s'accomplisse ce que les trompettes ont à annoncer et à accomplir, nous voyons aussi la célébration d'une liturgie, sur l'autel d'or, devant le Dieu très-haut est répandu beaucoup de parfum sur le feu, et ce parfum monte vers le Seigneur très-haut avec la prière des saints.
Dans ces deux textes, il y a comme une inclusion de ce cantique et de cette liturgie, dans l'annonce et la réalisation de ce que vont accomplir les trompettes, ou dans le texte d'aujourd'hui dans l'annonce de ce que vont accomplir les anges et leurs sept fléaux. Beaucoup diront que ce n'est là qu'inclusion littéraire, que l'auteur a arrangé à sa manière, d'une façon esthétique sans doute son texte. Mais pour nous il y a peut-être plus profond à comprendre et à saisir dans ces textes pour rejoindre la pensée de Jean, lui qui a écrit ce livre.
Le cantique de l'agneau et de Moïse, chanté par ceux qui ont vaincu la bête, avant que ne s'accomplissent les sept fléaux que les sept anges apportent sur la terre, comme cette liturgie qui est accomplie pour le très-haut avant que les sept trompettes n'accomplissent leurs malédictions sur la terre, le cantique est comme le signe, la proclamation que tout ce que Dieu fait est beau et bon. Même ces fléaux, ces malédictions qui vont s'accomplir sur la terre, tout cela n'est que sagesse du très-haut. Et c'est pour cela qu'aujourd'hui nous entendons ceux qui ont déjà vaincu la mort, reprendre le cantique de Moïse, de ceux qui ont vu l'exploit de leur Dieu ouvrir devant eux la mer pour les faire échapper au mal, à l'ennemi. Ce cantique, chanté par eux, est le signe, la proclamation que tout ce que Dieu fait est beau et grand et sage, quoi que nous puissions en penser.
Pour nous aussi, ne croyez-vous pas que le cantique de notre liturgie, que nous célébrons chaque jour, que nous célébrons plus solennellement chaque dimanche et encore plus grandement à Pâques, ne croyez,vous pas que ce cantique de notre liturgie, que ce parfum offert devant le très-haut, est pour nous-mêmes, pour ce monde dans lequel nous sommes placés, comme la proclamation, l'annonce de notre foi qui nous dit que tout ce que Dieu fait est bon et grand et louable, quoi que nous puissions en penser, quoi que nous puissions supporter de ces fléaux qui descendent sur notre monde, comme quelquefois nous le pensons : une sorte de châtiment. Pour cela, il faudrait voir de plus près ce que cela veut dire.
Mais pour nous aujourd'hui, ce qu'il nous faut retenir, c'est que tout cela, dans ce monde où nous vivons, quoi qu'il puisse nous arriver, quoi que ce monde puisse devenir, notre liturgie quotidienne, notre liturgie dominicale, notre liturgie pascale est la proclamation que notre Dieu est le salut, que ses jugements sont vrais. Qui ne lui rendrait révérence ? Qui ne s'inclinerait pas devant Lui ?
Dans l'évangile d'aujourd'hui, le Christ demande de veiller, et nous savons que dans la liturgie, la veille a toujours pris cet aspect de la prière. Oui, en ces derniers temps de l'année liturgique, veillons dans la prière, veillons dans la liturgie, cette liturgie extérieur que nous célébrons ensemble, cette liturgie tout intérieure que nous célébrons aussi dans le secret de nos maisons.
AMEN