LIRE LES SIGNES
Ap 11, 15-16, 12-6
(19 novembre 2001)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

Coupiac : La lutte contre le dragon
|
C |
es textes apocalyptiques qui nous annoncent la fin des temps, sont remplis de signes. Les signes, ce sont soit des évènements du passé qui annoncent prophétiquement ce qui doit venir, soit des manifestations présentes qui nous révèlent le secret profond de l'Histoire et de ce qui est en train de se dérouler. Un signe c'est une réalité visible, éclatante, qui nous renvoie à ce mystère, ce secret inconnu qui est l'essentiel qui se tient au plus profond de nous-mêmes et de l'Histoire du monde.
Avant-hier le texte de l'Apocalypse qui précède immédiatement celui que nous venons de lire, nous parlait d'un autre signe, celui de la Croix, le signe du Fils de l'Homme qui apparaîtra d'une extrémité du ciel à l'autre, et qui ainsi proclamera que cette fin du monde est le prolongement de la Croix du Christ et que les cieux nouveaux et la terre nouvelle qui surgiront, seront comme la Résurrection de Jésus-Christ. L'Apocalypse aujourd'hui nous propose deux signes encore. Une femme, une femme dans le soleil, la lune sous ses pieds et couronnée de douze étoiles. Cette femme c'est tout à la fois l'Église et la Vierge Marie. La Vierge Marie que nous reconnaissons au fait que cette femme met au monde une enfant mâle qui doit mener toutes les nations et qui sera enlevé jusqu'au trône de Dieu. L'Église aussi, puisque cette femme crie dans les douleurs de l'enfantement, ce qui manifeste l'Église persécutée, qui met au monde par le sang des martyrs, une semence de chrétiens, comme il est arrivé à travers l'Histoire, et comme il ne cesse de continuer à se produire, et qu'il se produira dans les derniers temps, si nous en croyons ce que nous dit l'évangile, quand se lèveront les faux prophètes et quand tombera la malédiction sur Jérusalem et que le monde entier, et que nous ne devrons pas aller chercher notre manteau dans la maison, mais nous enfuir au loin. Cette femme, tout à la fois l'Église et Marie est confrontée à un autre signe encore, qui reproduit les cataclysmes, les guerres, les haines, tout ce qui déchire le monde. Ici, ce signe, c'est un dragon rouge feu, énorme, plein de puissance et d'intelligence, avec sept têtes et dix cornes. Ce dragon, c'est le pouvoir du Mal, le Satan, celui qui est homicide dès l'origine, qui est père du mensonge, celui qui lutte contre les puissances du ciel et qui s'efforce de détruire l'enfant de la femme, de l'Église, donc de détruire les chrétiens.
Tous ces signes nous révèlent que l'histoire des hommes n'est pas simplement une succession d'évènements qui se produiraient un peu par hasard ou suivant les intérêts et les intentions des hommes qui les produisent, mais que cette histoire est beaucoup plus profonde, beaucoup plus grave que nous n'en avons l'impression. Il s'agit de l'affrontement entre Dieu, son Fils, l'Église, l'affrontement entre le Christ et sa Croix, et puis, toutes ces puissances du Mal, qui depuis l'origine, envahissent l'univers, le cœur des hommes, envahissent l'histoire des hommes. C'est une lutte cosmique à laquelle nous assistons, à laquelle nous participons, et dans laquelle nous sommes entraînés sans bien nous en rendre compte, par les innombrables évènements de notre vie, de nos journées ou de l'Histoire qui nous entoure. C'est vraiment une lutte entre le dessein d'amour de Dieu, et toutes ces forces qui s'opposent pour détruire, pour haïr, pour anéantir, pour empêcher l'amour d'être triomphant. Mais nous le croyons, par le signe de sa Croix, le Christ est vainqueur de ce dragon qui est le mal sous toutes ses formes et ses têtes multiples, nous le croyons, le Christ est vainqueur et à travers la mort du monde, à travers notre propre mort, et la mort de l'humanité, se lèvera une résurrection nouvelle. Nous sommes appelés à la vie, nous sommes appelés à l'amour, l'humanité est appelée à entrer dans la gloire et le mystère de Dieu. C'est ce que ces signes qui nous entourent de toutes parts prophétisent et annoncent : l'amour est plus fort que la mort.
AMEN