QUELQU'UN …

Ap 4, 1-11

(30 novembre 2008???)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

Moissac : Les vieillards de l'Apocalypse

F

-1rères et sœurs, nous avons commencé depuis quelques jours la lecture de l'Apocalypse. En effet, nous sommes dans la dernière partie de l'année liturgique qui s'achèvera dans quelques semaines au moment une nouvelle année liturgique commencera avec le temps de l'Avent. Il est donc normal qu'en cette fin de l'année liturgique, nos yeux se tournent vers le sens de l'histoire, vers ce à quoi nous sommes appelés et ce vers quoi nous guide la grâce de Dieu. 

       Cette lecture de l'Apocalypse, après la vision inaugurale de Jean à Patmos se présente avec les sept lettres qui sont adressées par Dieu aux sept Églises de Laodicée, Sardes, Philadelphie, etc … Aujourd'hui, nous commençons l'Apocalypse proprement dite, c'est-à-dire la révélation que Dieu nous fait par le ministère de son apôtre saint Jean. C'est la vision du Royaume de Dieu. Jean tombe en extase et il voit une porte ouverte. La porte ouverte, c'est-à-dire, une invitation à entrer, un accueil, un appel. Le ciel se présente comme un lieu qui nous attire. Le ciel doit être pour nous l'objet du désir, de l'enthousiasme de notre cœur. Nous nous dirigeons vers cette porte ouverte qui doit nous conduire au cœur de toutes choses. Quand on franchit cette porte, que se passe-t-il ? Jean nous dit : "Voici un trône dressé dans le ciel et siégeant sur le trône, quelqu'un… " Il est remarquable que Jean ne nous donne pas une description de celui qui se trouve sur le trône. Il nous dit simplement que celui qui siège est comme une vision  de jaspe et de cornaline et un arc-en-ciel autour du trône est une vision d'émeraude. Il ne trouve pas d'autres mots pour désigner cette présence que des pierres précieuses avec un éclat merveilleux. 

       On peut comparer cette vision du trône et surtout de celui qui siège sur le trône avec les visions parallèles que nous pouvons lire dans Isaïe ou Ézéchiel. Pour le prophète Isaïe, il dit : "Je vis le Seigneur assis sur un trône grandiose, sa traîne emplissait le sanctuaire". Il dit bien : je vis le Seigneur. Isaïe a identifié ce qu'il voyait avec le Seigneur lui-même, il a compris que c'était une révélation de Dieu. Ézéchiel est plus réservé: "Je regardai, et sur le trône, il y avait comme un fils d'homme". Il n'identifie pas le Seigneur mais il voit quelqu'un qui ressemble à un être humain. Jean lui, nous dit simplement : "Je vis Quelqu'un". Il voit un être, une présence. Nous voyons ainsi que petit se décantent les visions des prophètes et qu'au lieu d'identifier ce qui est vu sur le trône à Dieu lui-même ou à un Dieu de forme humaine, Jean se contente de dire : c'est la présence de Quelqu'un ! 

       Ainsi, cette manière plus vague de désigner ce qu'il voit nous introduit davantage dans le mystère. Nous ne voyons pas, il ne voit, il ne nous invite pas à voir Dieu à la manière d'une réalité créée, même pas comme un être humain. Il nous invite à voir Dieu comme la quintessence d'une présence. Ce Dieu qui ainsi se révèle à nous comme Quelqu'un au sens le plus fort du terme est entouré d'une cour céleste où Jean distinguera vingt-quatre vieillards, quatre animaux et quatre vivants, et toute une foule immense qui se presse autour du trône. C'est donc à la fois l'humanité et à sa tête les corps angéliques, ces vieillards, ce animaux, ce Vivants sont des  images d'anges. Ainsi toute la création est invitée à la louange de la création. 

      Que la présence au ciel et aussi dans notre cœur et déjà dans notre assemblée, dans notre prière, de ce Quelqu'un qui est Dieu et qui se révèle à nous au-delà de toute comparaison, de toute image, au-delà de toute forme, que cette présence remplisse notre vie comme elle a rempli la vie de l'apôtre Jean et que nous puissions témoigner qu'elle transforme tout ce que nous sommes. 

 

       AMEN