CELUI QUI VIENT
Ap 1, 1-10+12-19
(27 octobre 2006)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL
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rères et sœurs, si vous avez prêté attention, nous avons aujourd'hui tourné une page et commencé la lecture de l'Apocalypse. En effet, à l'approche de la fête de la Toussaint, nous entrons dans la dernière partie de cette année liturgique, les derniers dimanches du temps ordinaire pendant lesquels nous allons tourner nos regards vers la Jérusalem qui vient, vers cette assemblée de fête où les sains sont tous rassemblés autour du visage de Dieu. C'est donc le but vers lequel nous marchons qui est au centre de nos pensées et c'est pourquoi nous allons lire pendant les semaines qui viennent le livre de l'Apocalypse, cette Révélation de ce qui doit arriver bientôt.
Apocalypse veut dire "révélation", c'est donc volontairement, explicitement, un livre qui donne le sens de l'histoire, le sens de tous les événements qui se sont passés à travers la vie de tous les hommes qui marchent vers leur accomplissement. Ce premier chapitre de l'Apocalypse que nous venons de parcourir, nous donne un résumé essentiel de notre foi qui donne sens à notre vie, à la vie du monde, à toute l'histoire.
Jean, dans l'île de Patmos où il a été exilé à cause du témoignage pour Jésus-Christ, un jour du Seigneur, c'est-à-dire un dimanche, est tombé en extase et il a entendu une voix dont il sera dit qu'elle est puissante comme les eaux de la mer, et cette voix est une révélation. Il va se retourner et voir un Fils d'homme, c'est Jésus-Christ, revêtu d'or de lumière, les yeux comme une flamme ardente, les cheveux blancs comme neige. Tous ces signes veulent symboliser la résurrection du Christ. C'est le Christ dans sa résurrection qui apparaît à Jean et qui va lui donner la clé de l'histoire.
Cette clé de l'histoire tient en deux phrases, l'une qui définit le Père, Il est celui qui est appelé : "Il était, Il est et Il vient". "Il est", c'est le présent de l'éternité infinie de Dieu, "Il était", car il n'a pas de commencement, et avant toutes choses, Dieu existe, et "Il vient". C'est le troisième terme qui est le plus important : Dieu est celui qui vient à notre rencontre, à la rencontre de l'histoire des hommes, et qui va lui donner tout son sens. Cette venue de Dieu, c'est ce que nous attendons, c'est ce que nous célébrons durant cette fin de l'année liturgique. Dieu est celui qui vient, non pas qui est venu, mais qui ne cesse de venir, qui sans cesse se fait de plus en plus proche et qui nous attire à lui.
La deuxième phrase qui définit Jésus : "Je suis le premier et le dernier". C'est affirmer l'identité de gloire entre le Fils et le Père, comme le Père est "Il est", Jésus est le premier. Comme le Père est avant toutes choses, Jésus aussi est la première réalité de tout l'univers. De même que le Père est celui qui vient, de même le Christ est aussi le dernier car tout doit s'accomplir en lui, et c'est par lui que nous serons transfigurés. Le premier et le dernier, celui qui nous révèle le Père, "Il est, Il était et Il vient".
Le Christ premier et dernier est celui qui est le "Témoin fidèle". Le témoin, c'est-à-dire le révélateur, Il est précisément l'image du Père et Il nous permet d'accéder au mystère de celui-ci. Témoin fidèle, Il est aussi celui qui, par son sang nous a lavés de nos péchés, celui qui a accepté de traverser la souffrance et la mort pour nous amener à sa Résurrection. Il est le "premier-né d'entre les morts". Il a voulu passer par la mort pour en être victorieux, et pour ainsi nous communiquer sa victoire. C'est pourquoi Il est le prince de toute la terre, de tous les royaumes de la terre, parce qu'il nous fait entrer dans un royaume nouveau. Ce royaume dont nous sommes tous les membres c'est un royaume sacerdotal mais la traduction n'est pas tout à fait exacte, c'est un royaume sacerdotal parce que nous sommes tous appelés à triompher par la Résurrection et à devenir fils de Dieu. Le sacerdoce, c'est ce qui permet d'établir un pont entre Dieu et les hommes, entre Dieu et le monde, et Jésus, Dieu et homme, est ce pont entre Dieu et le monde, et nous sommes associés en participant à son sacerdoce, car nous aussi nous sommes dans le monde une présence de Dieu.
Voilà donc comment le Christ est au centre de notre vie, de notre histoire, de toute l'histoire du monde, voilà comment il conduit toutes choses à leur accomplissement, voilà comment Il nous transforme en nous libérant de nos péchés, nous qui l'avons transpercé par nos fautes. Lui en échange de sa mort, nous donne la vie pour que nous puissions avec lui, nous avancer vers le Père qui s'avance vers nous car "Il est, Il était, et Il vient".
Que cette lecture de l'Apocalypse qui est remplie de symboles et de signes qu'il faut déchiffrer nous aide à place au centre de notre pensée, de notre action et de toute notre vie, d'y placer ce mystère de Dieu qui nous attire à lui et qui va donner un sens ultime à tout ce que nous sommes, à tout ce que nous vivons, aujourd'hui dans le détail de chaque jour.
AMEN