LA NOUVELLE JERUSALEM
Ga 3, 23-29 ; Lc 13, 31-35
(23 octobre 2007)
Homélie du Frère Bernard MAITTE
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n dit toujours du mal des pharisiens, pourtant, là, ils viennent prévenir Jésus de ne pas aller à Jérusalem car Hérode veut le faire mourir. Ils ont donc quelque chose dans le cœur. Mais la réponse de Jésus est une réponse importante, car Il met sa réponse sous le signe d'une action prophétique : "Il ne convient pas qu'un prophète périsse hors de Jérusalem".
Ce qui est assez étonnant c'est que Jésus va périr hors de Jérusalem. Il dit également dans sa réponse qu'aujourd'hui et demain et les jours suivants, il faut qu'Il poursuive sa route. Cette route lui permet de "passer", de passer par Jérusalem au sens d'accomplissement de la Pâque. La Pâque c'est passer de la mort à la vie. C'est ce que va faire Jésus. Il s'avance vers Jérusalem comme les juifs avaient l'habitude de le faire, en chantant les psaumes des montées : "J'étais fou de joie quand on disait : allons vers la maison du Seigneur". A Jérusalem, il va enseigner au milieu du temple, il va être rejeté par les prêtres et les anciens, il sera crucifié en-dehors des murs de la ville.
C'est parce qu'il est crucifié hors des murs que tout prend sens. Il prédit de Jérusalem que le temple sera détruit, et que lui le rebâtira en trois jours, il signifie ainsi qu'Il est le Temple. saint Jean dira qu'Il parlait du temple de son corps. Le temple étant la présence de Dieu, Jésus en son corps est bien la présence de Dieu, Il est lui-même Dieu. Il est le temple véritable qui est au milieu de la ville. La ville pour lui sera constituée des deux larrons qui sont à côté de lui sur la croix. Il y a aussi Marie, Jean, des femmes qui pleurent. Il y a aussi ces prêtres, ces pharisiens qui se moquent de lui, de ces soldats qui l'ont torturé, de tous ceux qui sont venus en curieux regardent un spectacle sordide.
Que regardent-ils ? Dans le temple de Jérusalem, on offre les sacrifices sur l'autel de la croix, on offre le Christ, véritable offrande, la seule que le Père pouvait agréer, le sacrifice de sa propre vie. Il est à la fois le prêtre, l'autel et la victime comme le dit la cinquième préface de Pâques. Parce que s'offre dans le temple le culte véritable, le temple de son corps, ce n'est pas pour lui, c'est pour chacun de ses membres, pour l'Église qui est le nouveau corps du Christ.
L'Église est bien cette Jérusalem nouvelle non plus faite de pierres ni de main d'homme, mais faite de chacun d'entre nous qui acceptons la présence du Seigneur au milieu de nous en nous, dans le sacrifice de la croix renouvelé, perpétué dans l'eucharistie. Voici son corps, voici son sang. C'est dire aussi voici le corps du Christ c'est-à-dire l'Église, la Jérusalem céleste, voici le sang du Christ, voici l'offrande comme dira saint Paul, nous sommes nous-mêmes appelés à être une hostie vivante une offrande au Seigneur.
La seule chose qui nous reste à faire, c'est de poursuivre cette route avec le Christ, hier aujourd'hui et demain, de savoir vivre la Pâque du Seigneur, de l'accomplir modestement, car nous n'en sommes que ceux qui reçoivent la grâce et le don de Dieu, et en l'accompagnant dans sa Pâque, nous donnons la possibilité à une multitude d'autres hommes de connaître la gloire de Dieu, la source véritable.
Jérusalem, j'ai voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, c'est aujourd'hui que le Seigneur nous le dit. Cette Jérusalem c'est nous, Il veut toujours nous faire vivre sous ses ailes, dans sa communion, mais touts les petits, tous les hommes, même ceux auxquels nous ne pensons pas. Si Jésus est mort en-dehors des murs de la ville c'est pour constituer une nouvelle Jérusalem qui n'a plus de murs, elle s'étend à l'horizon infini de notre monde et de notre humanité enfin rachetée, enfin rassemblée. C'est cela le mystère de l'Église.
AMEN