RELATION ET CORRECTION FRATERNELLE
Ez 34, 11-16 ; Lc 6, 12-19
(9 septembre 2005)
Homélie du Frère Yves HABERT
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e titre de ce petit passage dans cette bible c'est : Les conditions du zèle. Le titre n'est pas révélé, c'est le titre de l'éditeur, mais je trouve que cela caractérise bien ce que nous venons d'entendre dans l'évangile au sujet de la paille et de la poutre au sujet aussi de notre cœur qui doit produire un bon fruit, puisque c'est du cœur que sortent les paroles.
Les conditions du zèle. Il y a donc un zèle intempestif, il y a donc un zèle qui est une gêne, il y a donc un zèle qui n'est pas selon le cœur de l'évangile. Récemment, j'ai rencontré un jeune père de famille débordant du feu de l'évangile qui me disait avoir été touché par les paroles de l'évangile du dimanche, au sujet de la correction fraternelle : si tu reprends ton frère, tu l'auras gagné. Lui, arrivé le lundi matin dans son entreprise, a commencé à entreprendre un de ses collègues de travail qui a une vie selon lui, qui n'est pas selon le cœur de l'évangile. Il me demandait si son zèle ou ce qu'il faisait était approprié. Je lui disais alors, qu'il faut faire attention dans ces textes que nous entendons, on parle de "frères" : qu'as-tu à regarder la paille dans l'œil de ton frère, comment peux-tu dire à ton frère ? Je crois qu'il y a d'abord une relation de fraternité à établir. Certes, tout homme est mon frère, mais je suis peut-être plus frère de ceux qui m'entourent que de ce frère chinois que je ne connais pas ?
Il faut d'abord entrer dans cette relation de fraternité. Etre frères, c'est se reconnaître d'un même père et je lui disais : dans l'évangile, avec le mot frère, il y a déjà une appartenance commune, une foi commune qui est là comme une sorte de préalable. Est-ce que cette personne que tu rencontres aujourd'hui à ton travail partage la même foi que toi ? Est-ce qu'elle a déjà ouvert son cœur au Dieu de miséricorde ? Sinon, ce que tu lui reproches risque de passer complètement à côté de la plaque, en ter plaçant simplement à un niveau de morale naturelle. Mais l'évangile parle d'un frère, de quelqu'un dont je me suis rendu proche, de quelqu'un qui est proche aussi par la grâce de Dieu. Donc, c'est la même chose pour la paille et la poutre. Pour voir la paille dans l'œil d'un frère, il faut être proche de ce frère, il faut pouvoir discerner dans cette proximité. Mais après, le Seigneur nous renvoie à ce frère que je suis aussi envers moi-même, et j'ai à me considérer aussi comme celui qui est sous le regard de Dieu. Pour poser un juste regard sur mon frère, j'ai à me mettre aussi sous ce regard de Dieu. Ce problème de la paille et de la poutre n'est pas simplement un problème de charité, mais je crois aussi, un problème d'intelligence, d'une intelligence qui a été aiguisée par la prière, qui a été aiguisée par tout ce que je suis, pour voir et discerner ce que dans l'autre, m'apparaît terrible quelquefois, mais que je retrouve difficilement chez moi.
En aiguisant ce regard d'intelligence sur moi, je pourrai avoir aussi ce regard d'intelligence sur mon frère, à condition que je me sois fait proche de lui, comme en préalable.
AMEN