VEILLER ET PRIER

Ap 18, 1-2+9-11-21-24 ; Lc 21, 24-38

(17 novembre 2004)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

N

ous avons entendu proclamer l'annonce par le Christ lui-même : "Vous verrez le Fils de l'Homme venir avec puissance et grande gloire". Cela marque aussi bien cette figure prophétique, cette image d'un Messie, d'un Seigneur qui arrive et qui marque l'événement d'un Salut pour le peuple. Mais cette figure marque aussi la proximité de ce Messie, Il est Fils de l'Homme, il y a quelque chose de la terre, il y a ce principe de l'Incarnation. C'est le fait que ce Seigneur-là n'est pas loin de nous, Il est tout proche. Ce que nous apprend cette figure du Fils de l'Homme, c'est que nous devons nous tenir en éveil dans cette proximité de Dieu.

Ces thèmes eschatologiques que nous avons lu aujourd'hui, souvent nous font penser que c'est dépassé, et que cela n'aura pas lieu. D'ailleurs, Jésus n'était-Il pas dupe lui-même de ce contexte eschatologique quand Il dit : "Cette génération ne passera pas que tout ne soit arrivé". Or, la première génération, celle de Jésus est morte, et n'a pas vu arriver le Fils de l'Homme avec le soleil qui s'obscurcit, les étoiles qui tombent. Pourtant, on lit, et l'on relit encore ces textes aujourd'hui, et ils nous orientent vers un avenir, ils nous donnent un but, ils nous ouvrent une perspective. Mais ce que nous pouvons lire aujourd'hui, c'est certainement le fait que cette perspective finale, le Christ lui-même le dit, elle arrive au cœur même de notre vie, elle arrive dans toutes les générations. Il y a simplement à se tenir en éveil pour lire les signes, pour remarquer, pour souligner la présence du Seigneur parmi nous. "Quand tout cela arrivera, sachez que …" Il faut peut-être ainsi envisager cette thématique eschatologique comme une manière spirituelle de vivre la présence du Seigneur. Il est réellement là et Il nous demande une chose, de veiller et de prier, "pour se tenir avec assurance devant le Fils de l'Homme". Ce qui caractérise le discours eschatologique juste deux lignes auparavant, c'est la peur. Le Christ dit même : "Les hommes mourront de frayeur". Et Il invite à ne pas avoir peur pour pouvoir en veillant et priant, se tenir avec assurance devant Lui. Ainsi donc, on le voit bien, la peur, ce n'est pas pour demain. Souvent, nous sommes encore remplis de peur et de frayeur. Il y a certainement à l'intérieur de nos vies, des soleils qui tombent ou s'obscurcissent, des étoiles et des ciels qui finissent par se détruire. Et pourtant, même s'il y a dans notre vie des éléments importants qui disparaissent ou qui s'obscurcissent, ou même qui s'effondrent, le Seigneur nous demande de nous tenir aves assurance, de veiller, d'être attentifs au signe, celui de sa présence et de sa proximité, autrement dit, de ne pas nous laisser submerger par toutes nos peurs, mais bien d'être face à Lui, debout, vivant, ressuscité.

 

 

AMEN