ACCUEILLIR LE SALUT DE DIEU

Jb 10,18-22 ; Lc 4,14-30

(4 septembre 2000)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

 

L

'Esprit du Seigneur est sur moi, il m'a consa­cré pour porter la Bonne Nouvelle aux pau­vres, annoncer aux captifs la délivrance".

Frères et sœurs, en cette année 2000, ce texte d'Isaïe cité par Jésus prend une saveur particulière. Vous savez en effet que le Jubilé chez les juifs était comme une première loi sociale. C'est le fait que lors­qu'un homme avait perdu sa fortune avait fait de mauvaises récoltes, était obligé de vendre ses biens, et parfois de se vendre lui et sa famille et devenir ainsi l'esclave d'un autre homme, or, Dieu a appelé son peuple pour la liberté et il ne permet pas qu'un de ses fils soit définitivement et irrémédiablement esclave. La servitude n'est jamais irrémédiable pour Dieu. Il était prévu qu'à certaines années, environ tous les 49-50 ans, une année jubilaire était annoncée et la pre­mière raison n'était pas évidemment de faire un pèle­rinage à Rome ou à Jérusalem, mais bien de libérer les gens qui s'étaient endettés et qui étaient devenus esclaves des autres.

Il est intéressant de voir que lorsque Jésus inaugure son ministère en Galilée, il le met sous le signe d'une année jubilaire, est-ce que cela corres­pondant effectivement au temps de l'époque, je n'en sais rien, mais en tout cas, il reprend cette citation d'Isaïe qui a également la même consonance, puisque l'Esprit envoie son messager pour annoncer la libéra­tion des captifs, et donc Jésus considère le début de son ministère en Galilée comme ce signe de la libéra­tion des captifs, de l'année jubilaire par laquelle il vient accomplir le salut. Si vous le voyez bien, cela donne à l'année jubilaire, à la nôtre aujourd'hui, par conséquent, une connotation d'année de salut. Si on fête le jubilé, c'est d'abord parce que la foi chrétienne est une foi au salut de Dieu. Mais le revers de la mé­daille de ce passage de l'évangile est qu'il ne suffit pas de proclamer des années de salut pour que celui-ci s'effectue. C'est le drame de la prédication de Jésus à Nazareth, le salut est proclamé, l'année jubilaire du salut de Dieu pour les habitants de Nazareth ce jour-là, c'est presque la proclamation de l'indulgence, mais de fait, les habitants de Nazareth ne veulent rien en­tendre, et au lieu d'écouter Jésus, et sa prédication du salut, ils se replient sur eux-mêmes et posent des conditions à ce salut, en demandant des miracles comme ceux de Capharnaüm, etc ... C'est là le deuxième aspect de la question, la proclamation de l'année jubilaire, c'est évidemment l'Église qui an­nonce le salut de Dieu, mais le tout est de savoir comment chacun de nous, nous l'accueillons...

 

AMEN